Suis-je le gardien de mon frère?

L’autre jour, je suis tombé sur un post de David Eto'o. Une photo avec son grand frère Samuel. En légende : "De temps en temps il faut que je vous rappelle." Nous rappeler quoi exactement ? Qu'il est le petit frère de Samuel Eto'o. Et visiblement, ça le rend fier.

Et puis ce matin, je suis tombé sur le dernier article de Georges. Mon cousin. Mon frère. Titre : "Ma plus grande fierté ? Être le petit frère de…” Il parle un peu de moi. De comment mes textes l'ont poussé à écrire chaque jour. De comment il attend mes publications comme on attend Noël.

Je ne te mentirai pas, ça m'a touché. Mais surtout, ça m'a rappelé quelque chose de fondamental.

Ça m'a fait penser à Sefyu. Tu te souviens de ce morceau ? "Suis-je le gardien de mon frère ?" Tout le morceau tourne autour de cette idée : les petits qui copient les grands. Le bon comme le mauvais. Les grands frères qui fabriquent sans le savoir les mentalités des petits.

Quand quelqu'un te regarde comme un grand frère, tout ce que tu fais compte. Tes victoires. Tes échecs. Ta discipline du matin. Ta paresse du dimanche. Il voit tout. Il enregistre tout.

Et c'est là que la question de Sefyu prend tout son sens : Suis-je le gardien de mon frère ?

Moi je dis oui. Et je pense que toi aussi tu l'es.

Quelqu'un t'observe en ce moment. Un petit cousin. Un neveu. Un collègue plus jeune ou pas. Un gars de ton quartier. Quelqu'un qui ne te le dira peut-être jamais, mais qui regarde chacun de tes mouvements.

La vraie question n'est pas de savoir si tu es observé. Tu l'es. La question est : quel exemple tu lui donnes ?

Et souvent tu es le grand frère de ton grand frère. Comme la petite sœur de Sefyu qui le voit comme son petit frère!


Ronel Kouakep, 31.12.25