Au début des années 1800, la Compagnie britannique des Indes orientales vendait massivement de l'opium indien en Chine. Ce commerce créait une grave crise de dépendance au sein de la population chinoise et un fort déséquilibre commercial. En 1839, l'empereur chinois Daoguang tenta d'arrêter ce commerce illégal en faisant détruire des cargaisons d'opium à Canton. En réponse, le Royaume-Uni déclara la guerre à la Chine, utilisant sa supériorité navale et militaire. La défaite chinoise mena au Traité de Nankin (1842), qui : céda Hong Kong à la Grande-Bretagne, força l'ouverture de plusieurs ports chinois au commerce britannique et imposa d'importantes indemnités à la Chine. Une seconde guerre de l'opium (1856-1860) renforça encore ces "traités inégaux" et l'humiliation de la Chine. Ces événements sont considérés en Chine comme le début du "siècle d'humiliation" (1839-1949). Hong Kong resta sous contrôle britannique jusqu'en 1997, date de sa rétrocession à la Chine.
Le sakoku (dont je te parlerai plus en profondeur dans un autre texte) était une politique d'isolement strict du Japon qui a duré de 1639 à 1853. Durant cette période, le Japon interdisait presque tout contact avec l'étranger : les Japonais ne pouvaient pas quitter le pays, et seuls quelques commerçants chinois et hollandais étaient autorisés dans un comptoir isolé de Nagasaki. Cette période prit fin en 1853 quand le Commodore américain Matthew Perry arriva dans la baie d'Edo (aujourd'hui Tokyo) avec quatre navires de guerre ("Navires noirs"). Cette démonstration de force militaire avait pour but de forcer le Japon à s'ouvrir au commerce international. Face à cette menace militaire et à la supériorité technologique évidente des Occidentaux, le Japon fut contraint de signer la Convention de Kanagawa en 1854, mettant fin au sakoku. Ce traité ouvrit plusieurs ports au commerce américain et permit l'établissement d'un consulat américain au Japon. Cet événement déclencha une profonde transformation du Japon, qui comprit qu'il devait se moderniser rapidement pour éviter le sort de la Chine. Cela mena à la restauration Meiji en 1868 et à une modernisation accélérée du pays.
Pourquoi les Britanniques, selon toi, ont-ils essayé de noyer la Chine sous l'opium ? Parce que tout bon stratège de guerre sait qu'il ne faut faire recours à une guerre sur le terrain qu'en dernier recours. Ce sont des guerres qui sont souvent très longues et coûtent beaucoup trop cher. Vu qu'il était plus difficile de christianiser en masse la Chine qui était un peuple avec des philosophies millénaires (d'ailleurs, Confucius est né plus de 5 siècles avant Jésus), il fallait utiliser une autre méthode, celle de la drogue. Il aurait été plus facile d'asservir le pays, de retourner la population contre ses leaders en la droguant. Et c'est exactement ce que l'Empire britannique a essayé de faire. Et face à un pouvoir qui a lu clair dans leur jeu, ils ont dû passer à la violence. Mais je veux que tu te poses un instant et que tu imagines l'incongruité de la chose : je vends de la drogue à tes enfants et quand tu décides de stopper mon commerce illégal, je te déclare la guerre et confisque ta cuisine pendant 100 ans.
Pourquoi, selon toi, pendant la période du sakoku, seuls quelques commerçants chinois et hollandais étaient autorisés dans ce comptoir isolé de Nagasaki, quand on sait qu'à cette période, les Espagnols et les Britanniques étaient les rois du monde ? Les Chinois, parce qu'ils étaient les voisins directs et qu'il existait des relations millénaires entre les deux peuples. Et les Hollandais parce que c'étaient les seuls qui n'utilisaient pas le commerce pour essayer d'apporter le christianisme au Japon. Ils avaient essayé avec les Espagnols et retrouvaient des croix et des symboles cachés sur la plupart des marchandises que ces derniers essayaient de leur vendre.
Et selon toi, pourquoi les Espagnols voulaient à tout prix faire rentrer leurs marchandises avec Jésus au Japon ? Pour exactement la même raison que les Britanniques ont décidé de droguer tout un peuple. La guerre ne se mène pas de front. Elle se fait avec des proxys. Tu fais rentrer une idéologie dans un pays et tu la laisses faire tout le travail pour toi. Ce sont des techniques aussi vieilles que le monde. Des techniques qui ont marché comme sur du papier à musique en Afrique et continuent toujours de marcher d'ailleurs.
Pourquoi je te parle de tout ça, tu te demandes ? Parce que chaque fois qu'un Africain veut justifier une bêtise, il se plaint du gouvernement, de la société en place, des choses qui ne marchent pas. Il ne se demande jamais qui est derrière tous ces problèmes structurels qui finissent par le pousser à faire toutes ces bêtises comme abandonner ses enfants pour aller en Occident, risquer sa vie entre la traversée du Sahara et de la Méditerranée, ou encore faire un enfant pour avoir des papiers. Si l'empereur Daoguang avait été camerounais, il aurait fait exécuter tous les Chinois accros à l'opium au lieu de s'attaquer à l'Empire britannique qui était clairement en train d'essayer de déstabiliser la Chine. Et ce faisant, il aurait fait exactement ce que les Britanniques attendaient de lui : créer une division entre le peuple et ses leaders. Si les leaders japonais étaient africains, ils auraient laissé les Espagnols vendre leurs produits estampillés du Christ en se disant que chacun a le libre arbitre, sans se rendre compte qu'il est difficile pour un peuple de se battre contre une idéologie qui n'a besoin que de convertir une personne par jour pour avancer, et dont chaque personne convertie est un Japonais ancestral en moins.
Les Noirs sont tellement ignorants qu'ils pensent que fuir l'Afrique pour aller "se battre" en Occident en inventant tout mensonge est un acte de courage. Nous sommes tellement naïfs que nous pensons que nos mensonges passent inaperçus. Nous sommes aveugles au point de penser que des personnes qui sont capables de déterminer le mouvement d'un caillou sur la lune à plus de 300 000 km ne sont pas capables de nous voir arriver dans la Méditerranée à un petit millier de kilomètres.
Personne en Afrique ne se demande à qui profite le crime. À qui profite le fait que toute la population chinoise soit sous l'emprise de l'opium, à qui profite un consulat américain au Japon,, à qui profite une Afrique qui pose le front cinq fois par jour en direction de La Mecque, à qui profite une Afrique christianisée dont les terres stratégiques appartiennent à l'Église catholique ? À qui profite un Cameroun dont tous les meilleurs éléments veulent aller au Canada, à qui profite une Afrique qui continue d'être convaincue qu'il faut aller en Occident pour développer le continent, à qui profite une Afrique dont la diaspora continue d'entretenir le complexe du blanc à coups de photos et de passeports quémandés ? Nous n'arrivons pas à nous poser cette simple question. Parce que contrairement à des peuples comme le peuple chinois et japonais qui pratiquent la réflexion critique depuis des millénaires, nous sommes un peuple simpliste dont la réflexion ne va jamais plus loin que le bout de notre nez.
Ces dirigeants et ce système que nous passons notre temps à fustiger, ce sont les membres de nos familles. Des personnes qui pour la plupart ont étudié dans les mêmes pays d'Occident que cette diaspora qui pense pouvoir mieux faire. Des personnes qui à notre âge ne se sont pas posé les bonnes questions, exactement comme nous le faisons aujourd'hui. Des personnes qui ont abandonné leurs cultures pour un café sur une terrasse parisienne comme nous le faisons aujourd'hui. Des personnes à qui nous allons ressembler dans quelques années si nous ne commençons pas à nous poser les bonnes questions dès à présent. Car notre problème ce n'est pas eux, c'est l'opium qui nous est servi à volonté par le vrai maître à bord. Et continuer de penser que nous devons partir pour nous en sortir, continuer de penser que nous devons mettre notre dignité aux toilettes, continuer de penser que la diaspora pourra un jour faire quelque chose pour l'Afrique, c'est la preuve que nous ne manquons pas notre rendez-vous quotidien chez le dealer du coin. Et que jusqu'ici son plan marche comme sur des roulettes.
Douala 🇨🇲