Il y a quelques années déjà, j'ai décidé que tous mes enfants auraient des prénoms africains. Histoire de commencer à reconstruire cette identité africaine qui était la nôtre et qui n'a cessé d'être brisée depuis l'arrivée des Occidentaux et des Arabes sur notre continent.
À mon premier, je lui ai donné un prénom camerounais, Zowa, qui est le diminutif de mon Ndap, mon nom traditionnel. Et à mon deuxième, j'ai donné un prénom togolais, Ayité.
Depuis quelques jours, avec les enfants, nous sommes au Togo. La première fois pour Ayité. Et il y a un phénomène qui me choque. Au début, j'ai été étonné que personne ne se soit jamais retourné dans une pièce remplie quand j'appelais Ayité qui courait dans tous les sens. Une situation qui aurait été commune il y a encore quelques décennies au Togo, tellement ce prénom était répandu. Mais le pire, c'est que de plus en plus, quand j'appelle mon fils en public, des gens se tournent vers moi étonnés. Comme s'ils avaient vu un zombie. Comme s'ils étaient étonnés qu'il y ait encore des personnes qui donnent des prénoms aussi "rétrogrades" à leurs enfants.
Je peux comprendre que les autres fassent tout pour faire disparaître notre culture. Mais ce que je n'arrive toujours pas à comprendre, c'est pourquoi nous acceptons d'en être complices.
Lomé 🇹🇬