Aujourd'hui, j'ai fait un saut à Ouidah, plus précisément à La Porte du Non-Retour. L'un des ports importants de la traite négrière. J'ai pris un guide qui nous a un peu expliqué le différent parcours des esclaves depuis leur capture à l'intérieur du continent jusqu'à la porte et le départ pour Gorée, d'où la traversée était enclenchée pour les Amériques.
Si je n'ai pas laissé échapper une larme, c'est sûrement parce que j'étais avec les enfants. Néanmoins, l'émotion était aussi forte que quand j'ai visité le mémorial du génocide à Kigali en décembre dernier.
Et la question qui me passe par la tête chaque fois que je suis aussi près de notre histoire est de savoir ce qui a bien pu se passer entre-temps pour que nous soyons aujourd'hui les grands défenseurs des bourreaux de nos parents d'hier. Hier, nos ancêtres étaient emmenés de force en Occident. Un trajet qui coûtait la vie d'au moins la moitié de toutes les personnes qui étaient capturées. Les personnes souvent les plus en forme du continent. Et aujourd'hui, nous sommes prêts à vendre le continent, risquer nos vies pour rejoindre ce même Occident. Et souvent encore, les plus forts et les plus intelligents d'entre nous.
Mais bon, peut-être que les Noirs sont vraiment venus sur cette Terre pour être les bouffons des autres. Une position que nous avons embrassée avec brio.
Aného 🇹🇬