La guerre économique sur nos tables : ouvrons enfin les yeux

J'étais en train d'écrire mon texte du jour tranquillement. J'avais déjà même fini le premier paragraphe, jusqu'à ce que les enfants viennent me mettre la pression pour commander. Eh oui, tu l'auras compris, encore moi avec mon ordinateur au restaurant.

Alors, j'ai ouvert le menu et je suis allé à la page des boissons pour commander mon Possotomè, comme je l'avais fait la dernière fois. Car je suis dans ce même restaurant où j'avais découvert cette eau gazeuse il y a quelques jours. J'y suis revenu avec les enfants parce qu'il propose une aire de jeux. Quelque chose que je trouve que Lomé a vraiment en plus par rapport à une ville comme Douala. Il y a beaucoup plus de possibilités de se divertir avec les enfants sans aller dans les snacks. Mais bon, ça, c'est le sujet d'un autre jour. Revenons à notre sujet du jour.

Cette fois-ci, j'ai minutieusement étudié la carte et je me rends compte que Possotomè est exactement au même prix que les autres eaux minérales. À 1500 F comme les eaux minérales dans le restaurant de la dernière fois. Et surprise, ils proposent aussi du Perrier. À combien ? 2000 F ! Ce qui a beaucoup plus de sens. Même si ce restaurant est tenu par des Libanais (surprise !), ils ont compris qu'il est absurde de proposer une eau minérale qui vient de plus de 5000 km moins cher qu'une eau minérale qui vient d'une centaine de kilomètres à côté. Et de plus, en termes de gestion de menu, tu as tout intérêt à habituer ton consommateur à consommer un produit dont tu es à peu près sûr de pouvoir toujours te ravitailler que de consommer un produit dont le prix pourrait passer du simple au double suite à une hausse des cours du pétrole.

Mais bon, je pense que le restaurant de la dernière fois était exactement dans sa logique. Il appartient certes à un Togolais, mais il a été racheté il y a quelques années à un Français. Et le nouveau propriétaire n'a rien changé. Du nom, totalement français, à la carte qui joue clairement dans le camp de la France économiquement parlant. Il est vraiment temps que nous nous réveillions et nous rendions compte que nous sommes dans une guerre, qu'on le veuille ou pas.

En attendant, dans le restaurant d’aujourd’hui comme dans celui de la dernière fois, j'y suis allé pour manger des pizzas. Comme quoi la bataille est presque perdue de notre côté. Quand nous mangeons dehors en Afrique dorénavant, pour peu que nous voulions manger dans un coin chic, nous sommes quasiment obligés de manger un plat qui vient d'ailleurs. Et dire que certaines personnes ne comprennent toujours pas mon combat avec Katering.


Lomé 🇹🇬