Ce matin, j’ai fait du café soluble. Et en versant de l’eau chaude sur le café, une odeur particulière s’est dégagée. Une odeur qui m’a ramené à de très vieux souvenirs—comme seul l’odorat sait le faire.
Ces souvenirs, c’était l’image de moi, plus jeune, passant quelques jours chez "les riches" de ma famille, à Bonanjo ou Bali. Moi, le petit garçon de la Cité des Billes à Bilonguè, au milieu des pauvres, où le petit déjeuner se résumait à des beignets-haricots-bouillie ou du pain-haricot acheté quelque part au quartier. Le café, ce n’était pas notre truc. Mais chez les riches, c’était une autre histoire.
Une habitude importée
En me replongeant dans ce souvenir, je me suis rendu compte d’un autre détail. Tous ces "riches" avaient un point commun : ils avaient vécu en Occident. Cette habitude du café soluble au petit déjeuner n’était clairement pas camerounaise. C’était une importation culturelle, un rituel étranger qu’ils avaient adopté là-bas et qu’ils avaient ramené ici, en Afrique. Et c’est là tout le piège de l’immigration.
Quand l’Occident s’installe en Afrique, par ses propres enfants
Même ceux qui reviennent après des décennies en Occident, ceux qui ont gardé leur passeport ndolè, ne rentrent jamais vraiment seuls. Ils ramènent avec eux un Occident qu’ils ont souvent fui, un Occident qu’ils n’ont jamais vraiment quitté.
👉 Leur mode de vie change.
👉 Leur alimentation change.
👉 Leur manière de penser change.
Et sans même s’en rendre compte, ils deviennent les plus grands ambassadeurs de la culture occidentale en Afrique. Pire encore, leur potentiel de nuisance est supérieur à celui des blancs eux-mêmes. Car eux, ils parlent notre langue, ils sont de notre sang, ils ont notre confiance.
La preuve : l’éducation de leurs enfants
La plupart de ces riches africains chez qui je passais mes vacances ont tous fini par envoyer leurs enfants étudier en Occident. Pourquoi ? Parce que, selon eux, "il n’y a rien de mieux que Harvard, la Sorbonne et compagnie.” Plutôt que de construire une Afrique plus forte, ils ont préféré reproduire l’Occident ici. Et quand ils n’ont pas réussi, ils ont tout simplement expédié leurs enfants là-bas. Parce que l’Occident reste leur modèle ultime.
Le piège de la diaspora dans le développement africain
Chaque fois que je vois un politicien africain vanter ses liens avec la diaspora, je me demande s’il réalise vraiment l’impact de cette "élite" sur notre dépendance aux grandes puissances. Parce qu’en réalité, beaucoup de ceux qui reviennent ne viennent pas construire l’Afrique… ils viennent installer une succursale de l’Occident sous nos tropiques.
Barberaz 🇫🇷