Nous avons trop sacralisé l’argent

Comme je le dis souvent, la personne qui nous a vendu l’argent à nous, les Africains, ne nous a pas vraiment aidés. Nous avons pris le concept beaucoup trop au sérieux. Aujourd’hui, pour presque tout ce que nous faisons, la question principale que nous nous posons est : “Est-ce que ça donne de l’argent ?”

C’est la raison pour laquelle nous avons des milliers de médecins africains hors d’Afrique et pas assez sur le continent. La raison pour laquelle, dans un pays comme le Cameroun où tout le monde se plaint du manque d’énergie, la plupart des jeunes qui partent étudier à l’étranger choisissent l’informatique au lieu de l’énergie. Certainement aussi la raison pour laquelle, malgré la richesse de notre sol et de notre sous-sol, nous continuons de mourir de faim ou de chercher à fuir le continent par tous les moyens au lieu d’essayer de maîtriser notre environnement.

Le problème avec cette obsession du profit immédiat, c’est qu’avec le temps, nous finissons par croire que les choses évoluent de manière linéaire. Or, ce n’est pas le cas. La vie est totalement imprévisible et l’ajout de chaque nouvel élément crée une multitude d’opportunités insoupçonnées. Des opportunités presque impossibles à voir à l’avance.

Si nous voulons nous développer aussi vite que les autres, il va falloir que nous ayons le courage de résoudre les plus petits de nos problèmes, même s’ils ne nous rapportent pas grand-chose tout de suite. Il va falloir que nous ayons le courage de devenir experts dans les domaines qui nous passionnent, même si ce ne sont pas des secteurs qui font généralement des millionnaires. Il va falloir que nos enfants de la diaspora aient le courage de revenir en Afrique pour partager leur expérience avec les autres, même si cela signifie qu’ils devront diviser leurs revenus par dix.

C’est le prix à payer si nous voulons nous développer. Nous devons avoir l’audace de retourner chaque pierre, d’explorer chaque opportunité, même si elle ne semble pas immédiatement lucrative. Parce que comme on dit chez nous :

“On ne connaît pas le caillou qui va tuer l’oiseau.”


Barberaz 🇫🇷