Pavés et motos : Une menace silencieuse pour la fertilité au Cameroun

Aujourd’hui, j’aimerais te parler d’un sujet dont je parle depuis quelques années dans mon entourage et qui, j’ai l’impression, n’alerte personne. Hier, un proche m’a fait part d’un de ses résultats d’examen, et je pense qu’il est plus que temps qu’on commence à tirer la sonnette d’alarme.

Il s’agit des problèmes d’infertilité qui risquent de bientôt toucher le Cameroun dans quelques années, surtout dans une ville comme Douala.

En effet, Douala est une ville où la plupart des habitants se déplacent à moto. Les gens comme moi, par exemple. Cependant, une bonne partie de la voirie est défectueuse, et dans certains quartiers reculés où la route n’est pas encore aménagée, la moto reste le seul moyen d’accès pour les habitants.

Et qui dit moto et routes défectueuses, dit mini-secousses. Ces motos, n’ayant pas de systèmes d’amortisseurs très performants, transmettent directement toutes ces secousses aux passagers. Pour les hommes, cela engendre des micro-traumatismes aux testicules, qui, à long terme, peuvent entraîner des lésions des tubes séminifères produisant les spermatozoïdes, impactant ainsi la fertilité.

De la même manière qu’il est vivement conseillé d’éviter les micro-chocs au crâne pour ne pas endommager son cerveau, il est tout aussi important d’éviter les activités causant des micro-traumatismes aux testicules si nous voulons préserver la qualité de nos spermatozoïdes.

Si tu es une femme ou un homme qui ne prend jamais la moto, ne pense surtout pas que cela ne te concerne pas. Il s’agit d’un problème de santé publique et nationale. La bonne évolution de notre communauté, la croissance de notre économie, dépendent fortement de la qualité et de la quantité de nos enfants. Tu n’auras peut-être pas de problème d’infertilité toi-même, mais si une grande partie des enfants à naître sont de mauvaise qualité, tes enfants devront choisir leurs futurs partenaires dans ce pool de "canards boiteux". Et je ne parle même pas des travailleurs de la prochaine génération.

Nous, les Noirs, avons souvent l’habitude de ne réfléchir qu’à très court terme. Du coup, nous allons certainement négliger un problème comme celui-ci, que nous ne pouvons pas encore toucher du doigt malgré toute sa gravité. Je t’invite à ne pas tomber dans ce piège. Car une fois le mal fait, il sera très difficile de faire machine arrière. Du moins, cela nous prendra beaucoup de temps.

J’aimerais te dire qu’il existe une solution miracle pour redresser la barre, mais malheureusement, cette solution dépendrait de beaucoup trop de paramètres. Et avec tous ces pavés qu’ils ont décidé de poser à Douala, j’ai peur que nous nous dirigions tout droit vers le ravin.

Si, comme moi, tu n’as pas beaucoup d’autre choix que de continuer à prendre la moto, tu peux néanmoins faire quelques ajustements :

  • Éviter de prendre la moto dans le quartier.
  • Éviter la moto sur des trajets endommagés.
  • Demander à ton chauffeur de moto de ralentir sur les pavés.
  • Lever légèrement les fesses du siège quand ta moto passe sur un obstacle, afin d’éviter que tes testicules ne montent pour retomber sur le siège.

Mais la meilleure chose que nous puissions faire est de nous renseigner un peu plus sur le sujet. D’en parler à nos médecins, dans notre famille. De faire des courriers au ministère de la Santé, au ministère des Transports, au ministère des Travaux publics, à nos maires et délégués régionaux. D’en parler sur internet, de demander à nos influenceurs préférés de tirer la sonnette d’alarme. Ces gens se déplacent souvent dans de grosses voitures climatisées et ne se rendent pas compte du mal qui nous guette. C’est à nous d’attirer leur attention. Et si tu ne sais pas quoi leur dire, partage-leur ce texte.

Il s’agit de notre problème à tous. Ce n’est pas le poutoulou qui viendra sélectionner les meilleurs spermatozoïdes pour la future génération de Camerounais. Ni le debout-debout ou le Njounjou bottle, d’ailleurs.


Douala (ville des pavés) 🇨🇲