Pourquoi j’ai désactivé les commentaires sur mon blog

Aujourd’hui, j’ai reçu un beau message de Raoul, qui voulait rebondir sur mon texte d’hier. En parcourant mon blog, il s’est rendu compte, comme toi peut-être, que j’ai désactivé les commentaires. Il a aussi lu mon texte sur le droit de réponse, présent sur toutes les pages de mon blog, et a trouvé que c’était une belle leçon.

Je me suis dit qu’il était peut-être temps de reparler un peu de ce texte. Je t’invite d’ailleurs à aller le lire ou le relire. Parfois, certaines personnes me disent que j’ai désactivé les commentaires parce que je ne veux pas entendre l’avis des autres. Ces remarques me font toujours sourire.

Désactiver les commentaires sur mon blog est l’une des meilleures décisions que j’ai prises quand je me suis remis à écrire. Écrire, en soi, demande déjà beaucoup d’énergie. Écrire tous les jours, encore plus. Si à cela je devais rajouter la charge mentale de ce que les gens pourraient dire en commentaire, cela deviendrait juste ingérable.

Tu pourrais me dire que je pourrais ignorer ces commentaires et avancer. Mais moi, je peux faire encore mieux : éviter qu’ils apparaissent tout court.

Si tu me connais bien, tu sais que je ne me défile jamais devant un débat. Au contraire ! Ce n’est donc pas parce que je ne veux pas entendre ton point de vue que j’ai désactivé les commentaires. Des points de vue différents, j’en lis tous les jours : dans des livres, des magazines, des journaux, et sur d’autres blogs comme le mien.

Par contre, j’ai décidé de ne plus écouter le point de vue de quelqu’un qui n’a pas pris le temps d’organiser ses idées. Si tu as vraiment quelque chose à dire sur un sujet, écris-le pour la postérité. Ne viens pas réagir en commentaire simplement parce que tu n’es pas d’accord avec moi. C’est trop facile.

Comme je l’ai écrit dans mon texte sur le droit de réponse – qui, avec du recul, est vraiment un beau texte – si tu veux vraiment répondre à l’un de mes articles, fais-moi parvenir un courrier. Ce n’est pas si compliqué. Plutôt que de rédiger un commentaire enragé, ouvre Word, Pages, ou un autre logiciel de traitement de texte. Rédige ta réponse. Imprime-la et envoie-la-moi par la poste. Mon adresse postale est Ronel Kouakep, BP 457 Douala, Cameroun. Je te garantis que je prendrai ta réponse au sérieux et que tu recevras une réponse en retour.

Tu veux savoir combien de courriers j’ai reçus jusqu’à aujourd’hui, malgré la centaine de textes controversés que j’ai publiés ? Zéro. Nada. Pas parce que tous mes lecteurs sont d’accord avec moi. Non. Mais parce qu’il suffit d’ajouter un palier de difficulté pour éliminer la plupart des Africains de tout travail de réflexion.

Utiliser ton droit de réponse te prendrait tout au plus deux heures et coûterait moins de 1 000 FCFA. Beaucoup moins que le temps que tu passes chaque jour à scroller bêtement sur les réseaux sociaux, et beaucoup moins que ce que tu dépenses pour une seule tasse de café.

Et pourtant, c’est tout ce qu’il faut pour te maintenir dans cette sempiternelle position d’observateur. Cette place d’Africain qui regarde l’histoire s’écrire sous ses yeux, sans jamais y participer.


Douala 🇨🇲