On parle comme ça, le Noir c’est quelque chose hein. Souvent, je me demande même si nous ne sommes pas vraiment une sous-race comme le proclament les suprémacistes blancs. Un peu comme dans cette interview où on demande à Elon Musk s’il pense vraiment que les Noirs et autres minorités ne sont pas des peuples intelligents et il répond : "Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je dis juste que nous ne devrions pas baisser les standards pour eux." En gros, on ne va pas descendre le panier de basket de 3m05 à 1m50 parce que vous êtes des pygmées.
Pourquoi je t’en parle aujourd’hui ? Parce que cet après-midi, maman m’a encore sorti une nouvelle bombe. Une de ses sœurs lui aurait dit que, parce que j’ai décidé de rentrer me battre au pays, je refuse de travailler. Donc, d’après elle, si tu as la possibilité de travailler en Europe et que tu décides de le faire en Afrique, tu refuses de travailler. Ou bien, c’est peut-être parce que j’ai décidé d’être un entrepreneur et que depuis des années, j’essaie tant bien que mal de faire décoller plusieurs projets.
Je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés à nous rabaisser de la sorte nous-mêmes. Nous en sommes arrivés au point où nous sommes persuadés que même le travail, c’est en Occident. Juste parce qu’on y gagne un peu plus d’argent. Alors même que la plupart de nos diplômés là-bas ne font que remplir des fichiers Excel et manipuler d’autres logiciels en longueur de journée. Le vrai travail, celui du terrain que nous devons faire ici en Afrique si nous voulons avoir la chance de nous développer un jour, nous ne le considérons pas.
Mais ce qui me choque le plus, c’est que la personne qui dit ça travaillait au Cameroun (le pays où il n’y a pas de travail) pour payer les études de ses enfants en Occident, pendant que moi, je faisais toutes sortes de petits boulots en Occident pour payer les miennes.
Mon choix de revenir mettre mon expertise au service de mon pays ne me donne pas encore autant d’argent que tous les marchés publics qu’ils ont gagnés ici pour envoyer leurs enfants à l’étranger. Mais cela n’en demeure pas moins du travail. Que ça leur plaise ou non.
Quand je pense à tous ces jeunes à qui des parents idiots comme ça détruisent les rêves, je me dis juste que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Si nous n’avions que des parents de la sorte, l’Afrique n’aurait certainement jamais des personnes comme mon ami Victor Likone, qui s’est battu pendant une décennie avec un projet qui commence à peine à porter ses fruits.
Mais bon, que peut-on attendre des parents du troisième âge qui partent quémander des titres de séjour en Occident comme des mendiants ?
Douala 🇨🇲