Ce matin, avec une de mes collaboratrices, nous avons eu une discussion sur l’importance de la fréquence des publications versus la qualité des publications. C’est notre responsable communication à Agrifrika, et elle me faisait savoir qu’elle préférait qu’on publie 2 à 3 fois par semaine sur nos pages, au lieu de tous les jours, et qu’on se concentre sur 2 à 3 publications intéressantes.
J’ai dû lui rappeler, à elle aussi, cette histoire racontée dans le livre Art & Fear, où un professeur de poterie avait divisé sa classe en deux groupes. Il a dit que la note du premier groupe serait proportionnelle à la beauté du vase qu’il présenterait à la fin du semestre. Et la note du deuxième serait proportionnelle au nombre de vases qu’ils auraient produits à la fin du semestre. Plus ils en feraient, plus grande serait leur note. Et bizarrement, le groupe qui avait produit les plus beaux vases — et de très loin — était le groupe qui avait la consigne de produire le plus de vases possibles.
Comme ma collaboratrice ce matin, on se prend souvent la tête à vouloir produire un travail parfait. Et la plupart du temps, on n’y arrive pas. Alors que la solution la plus simple serait de produire le plus de travaux possibles. Il n’existe presque rien sur cette Terre qui ne puisse s’améliorer avec la répétition. Et c’est le conseil que je donne à la plupart des gens : “si tu veux devenir meilleur que tu ne l’es dans quoi que ce soit, augmente le nombre de répétitions.” C’est cette expertise que possèdent les personnes qui ont de longues années d’expérience dans leurs domaines. C’est cette répétition qui permet à un Stephen Curry de faire des shoots incroyables. Ce n’est pas un talent ou une force surnaturelle. Juste un nombre impressionnant de répétitions.
Ça fait aujourd’hui plus de dix mois que j’écris tous les jours au moins un texte. Certains de mes textes sont des chefs-d’œuvre. Tellement bien écrits que moi-même, il m’arrive de les relire et de me demander ce que j’avais mangé ce jour-là. D’autres, comme celui-ci, sont juste "ok". Et certains, j’ai même honte de les publier. Mais s’il y a une chose que j’ai apprise avec le temps, c’est que c’est parce que j’écris tous les jours que je peux, de temps en temps, produire des chefs-d’œuvre. Si je devais m’asseoir et produire un texte dont je serais fier, je pense que j’aurais abandonné depuis longtemps.
J’espère que cette leçon, mon pote Raoul l’a enfin comprise. Le plus important, ce n’est pas d’écrire ton meilleur texte chaque fois que tu t’assois. Mais de pouvoir écrire le plus souvent, afin que tes meilleurs textes sortent un peu plus régulièrement. Et pourtant, il a naturellement une belle plume.
Douala 🇨🇲