En fin d'année 2024, le président sortant du Ghana, Nana Akufo-Addo, annonçait avoir signé un décret qui, dès le 1er janvier 2025, ferait du Ghana le 5e pays africain après le Rwanda, les Seychelles, le Bénin et la Gambie, à ouvrir ses frontières pour tous les autres pays africains. Tout détenteur de passeport africain pourrait dorénavant s'y rendre sans visa.
Une décision que j'ai accueillie avec beaucoup de joie. Car si nous voulons nous réapproprier notre continent, il est primordial que nous commencions par casser ces barrières artificielles qui nous ont été imposées par les autres. Il est souvent plus facile pour un non-Africain de se déplacer en Afrique que pour un Africain. Et pourtant, en étudiant un tant soit peu les dynamiques des passeports dans le monde, on se rend vite compte que la puissance d'un passeport (le nombre de pays auquel il donne accès sans visa) n'est pas relative à la puissance économique du pays mais à un système d'alliances. Les gens du même camp se donnent mutuellement accès à leurs pays sans visa. Et nous en Afrique, on refuse encore de constituer notre camp. Comme nos enfants qui vont quémander les passeports ailleurs, on continue de croire que les autres pourront nous aimer mieux que nos frères, nos semblables.
En ce qui concerne le Ghana, si comme moi tu avais prévu de profiter cette année de ce changement dans leur politique de visa, il va falloir revoir tes plans. Car bien qu'annoncé comme devant entrer en vigueur en début d'année, il faudra attendre encore un peu pour pouvoir rentrer au Ghana sans visa, même muni d'un passeport africain. Certainement une divergence de point de vue entre l'ancien président et le nouveau qui est entré en fonction le 7 janvier.
En attendant, l'Afrique continue d'être toujours aussi balkanisée.
Accra 🇬🇭