Vivre libre ou vivre dans la peur ?

Hier, je discutais avec une amie qui me confiait que chaque fois qu’elle lit mes textes, elle se demande si je n’ai pas peur. Elle m’a avoué que si elle m’écrit et que je mets des heures à répondre, la première chose qui lui traverse l’esprit, c’est : “Ça y est, il s’est fait kidnapper.” Beaucoup d’autres personnes m’ont déjà dit que mes textes pourraient me mettre en danger. Et pour être honnête, il m’arrive parfois moi-même d’avoir un frisson en appuyant sur “publier.”

Dans Jusqu’à la folie, Youssoupha dit :
“Les gens ont peur du changement
Alors que la seule chose qui apporte le progrès, c'est le changement.
Mais Dieu dit que les braves ne vivent pas longtemps,
Mais les prudents ne vivent pas du tout, c'est le problème.”

Je n’aurais pas pu mieux exprimer ce que je ressens.

Si toi aussi tu trouves que mes textes pourraient m’attirer des ennuis, c’est peut-être parce qu’ils soulèvent des vérités qui dérangent. Mais dans ce cas, il faudrait que les choses changent. Que ce soit :

  • Le traitement que nous recevons en tant que Noirs de la part d’autres peuples,
  • Les bêtises et absurdités que nous perpétuons chaque jour et qui nous mènent droit à notre perte,
  • Ou encore les exactions de nos leaders, qui n’ont toujours pas compris qu’ils sont censés être au service du peuple, et non de leurs propres intérêts.

C’est seulement en affrontant ces réalités que nous pourrons enfin atteindre le progrès que nous cherchons désespérément en tant qu’Africains.

Comme beaucoup de nos héros, peut-être que je ne vivrai pas longtemps. Mais la vraie question est : est-ce vraiment vivre que d’être constamment paralysé par la peur ? Peut-être aussi que le fait de continuer à tolérer ou à traiter avec ceux qui, selon toi, pourraient s’attaquer à ceux qui dénoncent, c’est devenir complice du système dont tu veux toi aussi t’affranchir.

Pense-y. Chaque fois que tu choisiras de te taire au lieu de dénoncer, demande-toi si ce silence est la vie que tu veux mener.


Douala 🇨🇲