Lettre de gratitude : Flavien Kouatcha

Flavien Kouatcha!

Il y a presque dix ans, je rentrais au Cameroun une ou deux fois par an. Avant chaque voyage, je faisais un tour sur internet pour identifier les jeunes qui faisaient bouger les choses sur place. Je les contactais, je proposais un café (plus un restaurant 😅), une discussion.

C'est comme ça que j'ai rencontré Flavien.

On est restés en contact. Puis quand je suis rentré au pays, nous sommes devenus partenaires sur un projet que j’avais lancé. Un projet dans lequel il a accepté d’investir sans broncher quand mes amis mbenguistes me parlaient un français très soutenu. Ensuite nous sommes devenus associés sur plusieurs projets dont le plus récent, Agrifrika. Puis presque frères.

Flavien est l'une des personnes les plus brillantes que j'aie croisées dans ma vie. Et je ne dis pas ça à la légère — je suis exigeant sur ce mot. C’est l’un des rares noirs que je connais qui possède autant de livres que moi, voire plus. Et je parle ici d’un très grand nombre. Sur tous les sujets, il a quelque chose à dire. Pas du bruit. De la substance. Tu sens quelqu’un qui a dédié sa vie à l’apprentissage.

Mais ce qui m'a vraiment marqué, c'est qu'on partageait la même mission : servir le Cameroun. Faire avancer notre pays. Le rendre digne dans le concert des nations. C'est sur cette base qu'on a bâti notre partenariat.

Si le système de vote était différent en l’occurrence celui dont j’ai déjà parlé dans un de mes textes et que chacun devait choisir son président sans qu’il n’y ait de candidats, je mettrais certainement son nom en tête de ma liste, juste avant celui du pasteur, le grand 9, Samuel Eto’o. Même si je sais que ça ne me garantira pas de faveurs personnelles et que tout le pays devra souffrir le martyre de la rigueur pendant tout son mandat. 😅

J'ai appris de lui tellement de choses. Comment chercher des voies détournées mais légales pour atteindre son objectif. Comment monter en puissance. Et surtout — en l'observant — j'ai compris que les lois du pouvoir ne sont pas optionnelles. J'avais lu Robert Greene, oui. Mais je ne pratiquais pas. Je croyais que l'authenticité suffisait. Flavien m'a montré qu'on peut être authentique ET maîtriser les règles du jeu. Et à ce jeu, il est un champion! Chapeau bas, l’artiste.

On n'a pas toujours été d’accord. Sur plusieurs sujets d’ailleurs. On s'est testés. Mais le rencontrer reste un cadeau du ciel. Ça m’a réconforté dans l’idée que tout est possible ici-bas. Ne jamais dire que tous les cygnes sont blancs si tu n’as pas encore personnellement fait le tour du monde. Des cygnes noirs, il pourrait en exister.

Qu’est-ce qui me manque le plus aujourd’hui? Nos mercredis. Ce rituel qu'on avait installé : chaque semaine, on se retrouvait pour parler de nos projets, de comment changer le pays, de comment avancer dans nos business. Ces sessions me manquent. Surtout que c’était en général au buffet du K Hotel et qu’il avait accepté de prendre sur lui ce que ça nous coûterait. Bon, peut-être aussi que c’est la fameuse salade d’avocats du K Hotel à ce buffet du midi qui m’a fait inclure cette partie dans le texte. 🙈

Aujourd'hui, la vie nous a un peu éloignés. Les problèmes de chacun. La complexité du quotidien. Nos familles respectives qui demandent un peu plus d’attention de nos parts en ce moment.

Mais chaque jour, je me pose encore cette question  devant une situation complexe: "Comment Flavien aurait réagi ici ?” C'est ça, l'héritage d'un vrai pair.

Pour la petite histoire, il est le plus jeune membre de mon Personal Mastermind. Une liste de héros dont je look up to et dont je lis les noms dans ma routine matinale (les matins où je suis en forme 🥵). Cette liste comprend:

  1. Warren Buffett
  2. Charlie Munger
  3. Jean-Paul Pougala
  4. Benjamin Franklin
  5. Elon Musk
  6. Lee Kuan Yew
  7. Alex Hormozi
  8. Flavien Kouatcha
  9. Arnold Van Den Berg (CEO de Century Management)
  10. Ernest Ouandie

En cette période triste où on vient de perdre Nelly Chatue-Diop, la fondatrice d’Ejara (la première compagnie que nous avons visité avec notre équipe d’Agrifrika dans le cadre de notre programme interne de rendre hommage aux entreprises passées avant nous et qui font un boulot exceptionnel)— un rappel brutal que la vie est fragile — je lui souhaite santé, longévité, et qu'il continue d'apporter ses merveilles à notre cher beau pays.

Et à vous tous qui lisez ce texte, je vous souhaite de rencontrer des personnes de la trempe de Flavien Kouatcha dans vos vies. De vous aiguiser mutuellement afin d’apporter le meilleur dans cette société qui a urgemment besoin d’un souffle nouveau.

Flavien, merci pour tout.


Ronel Kouakep, 11.01.26