Et si on repensait la gestion des deuils pour bâtir un avenir meilleur ?

Aujourd’hui, je suis tombé sur une vidéo d’un entrepreneur camerounais qui parlait du fléau que représentent les funérailles pour les hommes d’affaires camerounais. Ça m’a beaucoup fait sourire, parce qu’on aurait dit qu’il m’avait entendu tenir ce débat quelque part et qu’il se contentait de le répéter pendant son interview, tant nos points de vue se ressemblaient.

Quand j’ai commencé à soulever cette question dans mon entourage il y a quelques années, certains m’ont dit que j’exagérais. Mais honnêtement, je n’arrive toujours pas à comprendre cette situation.

Nous sommes dans un pays où tout est à faire, où on ne travaille déjà pas assez, mais chaque week-end, des milliers de personnes prennent la route pour assister à un deuil. Résultat :

  • Des centaines de travailleurs absents pendant deux à trois jours pour une seule personne décédée.
  • Des milliers d’heures de travail perdues chaque semaine.
  • Des millions de francs CFA dépensés en transports, en boissons et en distractions… au lieu d’être investis dans le développement personnel et collectif.

Si tu n’as jamais été chef d’entreprise au Cameroun, tu ne peux pas mesurer l’ampleur du problème.

Dans des secteurs comme la restauration ou le commerce, où l’activité ne s’arrête jamais, les absences pour cause de funérailles sont une véritable plaie. Un entrepreneur camerounais voit chaque mois ses employés demander des permissions pour des deuils. Un technicien qui devait livrer un projet en 5 jours mettra 10 jours, car entre-temps, il est allé au village enterrer quelqu’un. Et après, on s’étonne que les délais ne soient jamais respectés.

Nous avons besoin de travailler PLUS, pas MOINS !

Je le dis souvent à mes collaborateurs : si ça ne tenait qu’à moi, nous devrions travailler TOUS les jours pour rattraper notre retard sur les autres nations. Mais non. On ne travaille déjà pas assez. Et on gaspille encore le peu de jours que nous avons… dans des deuils à répétition. Parfois même pour des personnes que nous n’avons jamais connues.

Nous sommes prêts à risquer nos vies sur la route chaque week-end pour enterrer un inconnu, mais nous sommes incapables de nous unir pour soutenir un projet d’un frère ou d’une sœur bien vivant.e.

Est-ce vraiment la tradition ?

Quand j’en parle, on me dit : "Tu es contre la tradition.” Mais soyons sérieux… Depuis quand la tradition consiste-t-elle à enrichir les producteurs d’alcool ? Parce qu’on sait très bien où part le plus gros des dépenses funéraires. Et on sait aussi que l’argent de cet alcool ne reste même pas au pays.

Et si on repensait nos traditions ?

Pourquoi ne pas organiser des deuils en cercle restreint, dans la stricte intimité familiale ? Pourquoi, au lieu de dépenser des fortunes en voyages et en boissons, ne pas envoyer directement cet argent à la famille endeuillée pour l’aider à couvrir les frais ? 

Temps + Argent = Ressources précieuses. Si nous devons nous séparer d’une des deux, mieux vaut donner de l’argent et garder le temps pour travailler et construire notre avenir.

Ma position est claire.

🚫 Je n’assiste plus aux veillées funèbres organisées sur la voie publique.
🚫 Je limite au strict minimum mes déplacements pour des funérailles.
Et j’espère que quand mon tour viendra, tu ne perdras pas des jours de travail pour me "rendre hommage”. Si tu veux vraiment me prouver que tu m’appréciais, travaille deux fois plus pour ce pays en mon honneur.


Barberaz 🇫🇷 

Le mythe des marchés saturés : il y a toujours une place pour toi

La plupart du temps, on se dit que certains secteurs d'activités sont saturés et qu'il ne serait pas possible de s'y faire une place tellement ces secteurs comportent des acteurs très bien implantés. Je pense par exemple au secteur des smartphones. Quand on voit la puissance d'une entreprise comme Apple ou même de ses challengers Samsung ou Huawei, on pourrait se dire que les dés sont jetés. Qu'il n'y a plus de place pour personne sur ce secteur. Du moins, les nouveaux venus devraient se contenter des miettes laissées par ces géants.

Mais ce que l'on oublie souvent, pour continuer sur le même exemple, c'est qu'une entreprise comme Huawei est venue trouver les 2 autres géants sur le marché quand tout le monde se disait déjà qu'il n'y avait plus de place pour personne. Et si on remonte un peu plus loin dans le temps, nous nous rappellerons qu'Apple est rentré sur ce marché à une époque où Nokia et BlackBerry laissaient à croire qu'il n'y avait plus de place pour personne.

Et ce phénomène est exactement le même que nous pouvons observer au cours de l'histoire. Il y a quelques années encore, certaines personnes étaient persuadées que personne ne pourrait déclasser les USA à la tête du monde. Aujourd'hui, cette certitude l'est de moins en moins. Exactement comme il fut un temps où Rome ne pouvait s'imaginer n'être pas le centre du monde.

Quelle que soit la puissance des acteurs en face de toi, ne la prends pas pour une fatalité. Aucune suprématie n'est éternelle et certaines positions dominantes sont beaucoup plus fragiles qu'elles n'en ont l'air. Elon Musk nous l'a démontré à maintes reprises avec ses entreprises qui, en quelques années, ont réussi à fragiliser les positions d'acteurs historiques.

Mais même si tu n'as pas tout le potentiel d'innovation d'un Elon Musk, rappelle-toi qu'il y a un élément qui fera toujours la différence. Un élément qui est l'égalisateur universel. Qui permet aux petits comme toi et moi de pouvoir se faire une place à la table des grands même quand plus personne n'y croit. Cet élément, c'est ta façon de traiter les gens. Le soin que tu apportes au service client. La candeur que tu mets dans tes interactions avec les autres. Car c'est souvent le point faible de tous les grands. Plus ils grossissent, plus ils se croient immortels et moins ils mettent de compassion dans leurs relations avec les autres. Et là réside notre opportunité à nous tous, les petits qui commençons à peine et voulons nous faire une place au soleil.

Tout ceci pour te rappeler que tu es muni d'un super pouvoir, d'un super pouvoir qui pourrait te propulser toi aussi au sommet de toute entreprise qui sera tienne. Et ce super pouvoir, c'est le soin que tu portes à toutes tes interactions de près ou de loin. Ton service client.


Barberaz 🇫🇷 

Passeports occidentaux : la fuite silencieuse des élites africaines

Je sais que tu vas encore dire que j'exagère. Mais bon, comme disait Jiddu Krishnamurti, "Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade."

Donc je le demande une fois de plus, qu'est-ce qui s'est passé pour que sur la plupart des vols en provenance et à destination de l'Occident en Afrique Noire, la plupart des Noirs aient des passeports occidentaux ? Je suis le seul qui trouve cette situation choquante et anormale ? Si ce n'était qu'une seule personne en passant, ça pourrait se comprendre. Mais quand c'est une aussi grande partie des passagers, ça soulève quelques interrogations.

Je ne peux m'empêcher de me demander ce que nos ancêtres penseraient de cette situation. Nos ancêtres qui se sont battus contre l'esclavage, nos ancêtres qui ont été arrachés à leurs terres de force pour découvrir un territoire qui pour eux ne rimait qu'avec souffrance et travail forcé. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'ils penseraient de nous, les descendants directs de ceux d'entre eux qui ont échappé à cette barbarie, qui sommes prêts à tout pour obtenir les nationalités de leurs bourreaux.

Et surtout, je me demande ce que l'histoire retiendra de nous. De cette génération d'Africains qui aura passé toute sa vie à essayer de s'adapter à une société profondément malade. À une société où même les plus intelligents courent après la facilité. À une société où des gens qui sont allés quémander des passeports ailleurs te diront qu'ils aiment l'Afrique plus que toi. À une société où ça ne gêne personne que ceux à qui on a remis les clés du village (la sagesse, la richesse…) aient décidé d'aller être des larbins sous d'autres cieux, envahis par l'envie et la paresse.


Lomé 🇹🇬 

Eto’o mon héros

Ça fait des mois que je dois faire ce texte, 6 mois plus exactement. Mais je vais mettre la procrastination où ? C'est aujourd'hui ou jamais car je ne pourrais trouver meilleur jour que celui de son anniversaire pour rendre hommage à un de mes héros, Samuel Eto'o.

Pourquoi je considère Eto'o comme mon héros ?

J'ai l'habitude de dire que chaque membre d'une communauté en est son ambassadeur. Si certains peuples jouissent d'une meilleure publicité que d’autres, ce n'est pas forcément parce qu'ils sont meilleurs que les autres, mais souvent parce que les ambassadeurs de cette communauté font le travail nécessaire pour porter la communauté tout haut. Et Eto'o fait partie de ces Camerounais qui contribuent largement à redorer le blason de notre pays. Il fait bon d'être un Camerounais du pays de Samuel Eto'o. Par ses actes et ses prises de position, il a su nous rendre fiers à travers le monde. Pas seulement en tant que Camerounais mais aussi en tant qu'Africains en général.

Eto'o le footballeur

Plus jeune, je n'étais pas forcément un grand fan de son style de jeu. Je ne l'aurais certainement pas mis dans le top 3 de mes footballeurs préférés. Mais comme on dit, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Cependant, ceci n'enlève rien au grand footballeur qu'il a été. Qu'on l'aime ou pas, ses chiffres parlent pour lui. Et sur les chiffres, on ne peut qu'être unanime. Parti de très loin, avec beaucoup moins de chance que les autres, il a su se battre comme un lion pour se hisser tout au sommet de sa discipline.

Eto'o l'homme

L'homme n'est pas parfait comme la plupart d'entre nous d'ailleurs. Cependant, la plupart de nous qui lui jetons la pierre pour telle ou telle gaffe aurions certainement fait pire dans sa position. Ce que très peu d'entre nous auraient pu faire par contre, c'est faire preuve d'autant de courage. Et c'est certainement l'aspect de sa personnalité que j'admire le plus. Il a toujours su se faire entendre, se faire respecter et surtout montrer l'exemple à toute cette jeunesse africaine en panne de rêves. Devant toutes les attaques qu'il subit depuis son accession à la présidence de la Fecafoot, il aurait pu plier et ravaler tous les rêves de grandeur qu'il avait pour son pays, comme le font la plupart des gars de la diaspora qui reviennent au pays avec un projet et se heurtent à des obstacles. Non, ce n'est pas Eto'o ! Il tient bon. Luttant de toutes ses forces et surtout toujours dans le respect des autres et des institutions pour aller jusqu'au bout de son projet.

Le plaisir serait tout mien de pouvoir le rencontrer un de ces quatre pour une discussion. Pourquoi pas comme invité du podcast Yes We Kam. Afin de lui poser toutes les questions qui me passent par la tête et recueillir le maximum de conseils possibles. Qui sait, peut-être m'expliquera-t-il pourquoi sa famille ne vit pas avec lui au Cameroun. Car c'est selon moi l'une de ses plus grosses fautes de communication ces dernières années. Imagine un Eto'o accompagnant ses enfants chaque matin dans une école de la place. Le signal serait plus fort.

En attendant, je lui souhaite longue vie et qu'il continue de se battre comme il le fait pour ses rêves, pour son pays. C'est selon moi l'un des moyens les plus efficaces de réapprendre à cette jeunesse à rêver.

Joyeux Anniversaire Papa Eto’o


Lomé 🇹🇬 

L'illusion du développement en Afrique : infrastructure vs éducation

Le constat est quasiment le même dans tous les pays africains que je visite. Malgré des efforts de développement et de construction d'infrastructures des gouvernements, tu as toujours l'impression qu'une grande partie de la population est totalement larguée. Et plus le pays fait des efforts de développement, plus le contraste est fort. Un peu comme si on était allé chercher des pygmées dans leurs forêts pour les faire vivre à New York.

Et le pays dans lequel ce contraste m'a le plus frappé jusqu'à présent est le Rwanda. Ça se voit que les dirigeants ont fait un effort considérable pour faire d'une ville comme Kigali un petit paradis. Les routes sont nickels, les bâtiments administratifs sont beaux et propres. L'architecture des maisons, du moins celles qui bordent les grandes routes, est juste extraordinaire. Et contrairement à une ville comme Douala, tu ne verras pas de chantier abandonné. Tu as vraiment l'impression d'être dans un pays développé. Mais dès que tu commences à discuter avec la population, monsieur lambda, tu tombes des nues.

J'ai l'impression qu'en Afrique, nous sommes vraiment en train de prendre le chantier du développement par le mauvais bout. La plupart de nos élites qui ont parcouru le monde et ont vu des choses extraordinaires ailleurs veulent reproduire la même chose ici. Des monuments à couper le souffle, des bâtiments à l'architecture futuriste, des autoroutes à plusieurs voies et j'en passe. Mais très peu essaient vraiment de comprendre tout ce qui est sous-jacent à ce développement qu'ils observent ailleurs. Nous sommes dans ce que j'appelle l'effet Gatsby. On imite la forme sans vraiment comprendre le fond.

Il y a quelques semaines, je discutais avec un grand frère de la précédente génération au Cameroun. Et il m'expliquait qu'à l'époque du président Ahidjo, le Cameroun était un pays à économie intermédiaire. Qu'il y avait énormément de choses que nous faisions sur place en termes d'industries de transformation. Il m'a parlé du système de transport urbain et interurbain qui était assez développé. Il m'a parlé des bâtiments qui avaient été construits. Et sur ce dernier point, nous pouvons tous le remarquer. La plupart des bâtiments aux architectures impressionnantes au Cameroun ont été construits avant notre génération.

Le problème, c'est qu'il semblait dire, comme la plupart des Camerounais d'ailleurs, que le problème était le régime en place. Le nouveau régime aurait détruit toutes ces avancées et nous aurait fait faire des grands pas en arrière pendant que les autres pays à économie intermédiaire comme la Corée du Sud sont aujourd'hui sur le toit du monde. Je ne crois pas vraiment en cette théorie.

Je ne connais pas de pays au monde où il n'y a pas de divergence de points de vue parmi les leaders qui se suivent. Hier encore, je parlais du cas du Ghana où le président sortant a annoncé l'ouverture des frontières à tous les Africains et le président entrant y a mis son véto. En début d'année, après qu'il ait pris le pouvoir aux USA pour la deuxième fois, Donald Trump a commencé par défaire une bonne partie du travail fait par son prédécesseur. Et c'est ce que nous pouvons observer un peu partout en Occident. Sauf qu'ailleurs, les changements de régime ne font pas faire des sauts en arrière. Quel que soit le régime en place, ces pays continuent d'avancer et de se développer.

Il y a certainement beaucoup d'autres raisons pour justifier nos cas spécifiques en Afrique, mais je pense que l'effet Gatsby joue un très grand rôle. Quand j'étais au Rwanda, je me suis demandé comment est-ce que toutes ces infrastructures construites par le régime actuel allaient pouvoir lui survivre. Parce que le meilleur moyen de faire prospérer quelque chose n'est pas de constamment le rénover, mais surtout de bien l'utiliser, moins le détruire. Et ça, ça demande de connaître le mode d'emploi.

Il y a quelques années, j'avais déjà fait le constat qu'en Afrique, et au Cameroun particulièrement, nous avions un gros problème d'entretien. Que ce soit dans le public comme dans le privé. Nous nous empressions de construire de belles choses qui, quelques années plus tard, tombaient en ruine. Mais à ce moment-là, je n'avais pas encore compris quelle était la cause véritable de ce phénomène. Et aujourd'hui, je pense l'avoir trouvée. C'est un problème d'éducation !

Tu peux faire l'expérience de ton côté et tu le verras. Mets à disposition le même appareil électroménager, un téléphone, une voiture ou même une maison à deux individus, l'un étant plus éduqué que l'autre. Les effets mis à disposition des personnes les plus éduquées auront une plus longue durée de vie. C'est aussi la raison pour laquelle, plus tu vieillis, moins tu fais de gaffes. Moins tu casses de plats ou de verres, moins tu tombes et plus longtemps tu gardes tes affaires. Entre un enfant et un adulte, il y a un fossé en termes de connaissances.

Et dans un monde qui se développe de plus en plus vite et qui est de plus en plus mondialisé, un monde où il est extrêmement facile de savoir ce que fait son voisin, l'Afrique est en train de tomber dans le piège du suivisme. Nous voulons avoir ce qu'ont les autres sans même chercher à comprendre comment ils ont fait pour y arriver et sur quoi toutes ces avancées reposent. Du coup, tu as tout un tas de Noirs, surtout nos amis de la diaspora, qui nous disent que nous devons avoir des métros, des trams, que nous pouvons construire des centres-villes à la Manhattan, qui veulent qu'on ait plus de routes.

Toutes ces choses, oui, je suis d'accord qu'on devrait aspirer à les avoir. Mais nous devons faire les choses dans l'ordre. Prenons le cas de la route. La route est une bonne chose, je ne dirais jamais le contraire. Mais je ne fais pas partie des gens qui se plaindront en Afrique du manque de routes. Car de tous les pays que j'ai visités en Afrique, je n'en ai pas vu un où la route était utilisée à bon escient, où les usages étaient respectés, où les usagers se rendaient même compte du danger que cela pouvait représenter pour nos vies. Dans certains pays, nous avons des routes certes, mais elles ressemblent toujours à des pistes de forêts. Des usagers qui roulent du mauvais côté, à contre-sens, à la mauvaise vitesse. Des piétons qui traversent sans regarder. Des commerçants qui viennent vendre sur le trottoir. Nous avons voulu avoir les routes comme les autres mais nous avons sauté l'étape qui consiste à éduquer la population sur leur bon usage.

Notre problème, c'est l'éducation. Et tant que nous ne travaillerons pas à le résoudre, nous n'irons pas bien loin dans la course au développement. Essayer de se développer sans éduquer la population, c'est l'équivalent de construire une maison sans fondations. C'est ce que nous sommes en train de faire un peu partout en Afrique aujourd'hui. C'est ce que nos parents ont fait après les indépendances.

Quand je parle d'éducation, je ne parle pas seulement de diplômes ou d'illettrisme, bien que ça fasse partie du lot. Mais je parle aussi de tout ce qui va avec : du vivre-ensemble, du bon sens, de l'ouverture d'esprit, de l'esprit critique. Cette éducation, elle ne peut pas être le panache de l'école seule. Nous sommes tous concernés, en famille, en entreprise, en associations. Les plus avancés ont le devoir de tenir la main de ceux qui sont encore en arrière et de leur faire passer un cap. Cette éducation, c'est ce que nous apprenons à nos employés en tant que chefs d'entreprise. C'est ce que nous apprenons aux membres de notre famille, à nos amis qui n'ont pas eu la chance de vivre sous d'autres cieux ou d'utiliser les nouveaux outils qui nous sont proposés. Cette éducation, c'est pointer du doigt ce qui fait marcher les choses ailleurs au lieu de toujours se plaindre du fait que nous n'avons pas certaines choses chez nous. Cette éducation, c'est apprendre tous ensemble l'esprit d'entretien, l'importance du bien commun, la patience dans toute chose et surtout le respect d'autrui.

Ce ne sont pas les bâtiments, les routes ou les infrastructures qui font une nation développée. Non, c'est le niveau d'éducation de son peuple. Nairobi est une ville beaucoup plus développée, en termes d'infrastructures, que beaucoup de villes occidentales que j'ai pu visiter. Mais bizarrement, je ne la mettrais pas forcément au-dessus de ces villes occidentales. Pourquoi ? Parce qu'il y a ce petit quelque chose qui manque. Tu as juste l'impression, comme pour le cas des villes comme Kigali ou d'autres grandes capitales africaines, que toutes ces infrastructures n'ont pas été faites pour la population, mais d'abord pour en mettre plein la vue aux autres, aux touristes et toutes ces autres personnes que nos dirigeants envient tellement de l'autre côté.


Accra 🇬🇭  

Visa pour le Ghana : l’annonce de libre circulation retardée !

En fin d'année 2024, le président sortant du Ghana, Nana Akufo-Addo, annonçait avoir signé un décret qui, dès le 1er janvier 2025, ferait du Ghana le 5e pays africain après le Rwanda, les Seychelles, le Bénin et la Gambie, à ouvrir ses frontières pour tous les autres pays africains. Tout détenteur de passeport africain pourrait dorénavant s'y rendre sans visa.

Une décision que j'ai accueillie avec beaucoup de joie. Car si nous voulons nous réapproprier notre continent, il est primordial que nous commencions par casser ces barrières artificielles qui nous ont été imposées par les autres. Il est souvent plus facile pour un non-Africain de se déplacer en Afrique que pour un Africain. Et pourtant, en étudiant un tant soit peu les dynamiques des passeports dans le monde, on se rend vite compte que la puissance d'un passeport (le nombre de pays auquel il donne accès sans visa) n'est pas relative à la puissance économique du pays mais à un système d'alliances. Les gens du même camp se donnent mutuellement accès à leurs pays sans visa. Et nous en Afrique, on refuse encore de constituer notre camp. Comme nos enfants qui vont quémander les passeports ailleurs, on continue de croire que les autres pourront nous aimer mieux que nos frères, nos semblables.

En ce qui concerne le Ghana, si comme moi tu avais prévu de profiter cette année de ce changement dans leur politique de visa, il va falloir revoir tes plans. Car bien qu'annoncé comme devant entrer en vigueur en début d'année, il faudra attendre encore un peu pour pouvoir rentrer au Ghana sans visa, même muni d'un passeport africain. Certainement une divergence de point de vue entre l'ancien président et le nouveau qui est entré en fonction le 7 janvier. 

En attendant, l'Afrique continue d'être toujours aussi balkanisée.


Accra 🇬🇭 

Ceux qui disparaîtront après les élections

Nous sommes de nouveau à cette période de la décennie. Cette période où on se déchire parce que les uns souhaitent un changement à la tête du pays, les autres veulent y voir quelqu'un de bien précis, certains ne veulent que rien ne bouge et d'autres encore ne sont ni d'accord avec les uns ni avec les autres. Cette période de la décennie où certains dont on ne soupçonnait plus l'existence sortent des buissons pour nous donner des leçons de morale, pour nous expliquer à quel point ils aiment ce pays et nous dire que nous avons tort de ne pas être de leur camp.

C'est peut-être la première fois que tu me lis ou bien tu as découvert mes textes il y a peu. Mais ce n'est pas d'hier que j'écris. Que j'écris sur mon pays, que j'écris pour partager mes expériences, que j'écris pour proposer des solutions. Cependant après 2018, j'ai fait un gros break. Un gros break parce que pour chacun de mes textes, s'il n'était pas en faveur d'un quelconque candidat ou d'un quelconque changement de façade, je recevais des insultes de part et d'autre.

Pour beaucoup de personnes de ma génération, 2018 était notre vraie première élection présidentielle. La première à laquelle nous assistions vraiment comme de vrais adultes. Et pour beaucoup de ma génération, contribuer au développement de son pays s'est résumé à pleurnicher sur les réseaux et se transformer en terroristes. Parce qu'en 2018, j'ai dit à mes potes en Occident qu'il fallait faire une différence entre le Cameroun et son gouvernement. Que le gouvernement passerait mais que le Cameroun serait toujours là après notre mort. Ils m'ont traité de collabo. De soutien du parti au pouvoir. Comme si même si c'était le cas, c'était un crime de soutenir le candidat qu'ils détestaient.

Après les élections, j'ai essayé de leur faire comprendre que si nous voulions vraiment faire évoluer les choses au pays, il était de notre devoir de se mettre à son service. Et non de continuer à pleurnicher à distance comme si nous étions encore des gamins. D'ailleurs, je leur ai fait une proposition juste après la fin des élections. Je leur ai dit que s'il y avait une chose qu'on pouvait remarquer pendant cette élection présidentielle, c'était la qualité pitoyable des tableaux dans les salles de classe de nos petits frères au pays. C'est sur ces tableaux que se faisait le décompte des voix et sur ce point nous étions tous d'accord. Ils n'étaient pas à la hauteur du pays que nous disons tant aimer. J'ai donc proposé qu'on se constitue en association, qu'on lève des fonds pour remplacer le maximum de tableaux possibles dans ces classes afin qu'à la prochaine élection on puisse voir une différence. Que le monde puisse constater un changement. Et pour ça, nous n'avons pas besoin d'attendre l'État pour le faire. Exactement comme nous n'avons pas besoin d'attendre l'État pour s'occuper des retraites de nos parents. Une proposition qui est tombée dans des oreilles de sourds, bizarrement pour des gens qui se disent patriotes.

Entre 2018 et 2025, je suis rentré m'installer au pays. J'y ai créé plusieurs entreprises, employé des dizaines de jeunes, mentoré des dizaines d'autres, lancé avec plus ou moins de succès plusieurs initiatives pour essayer à mon niveau d'apporter le changement. Et la plupart de ces personnes qui me traitaient de tous les noms sont restées en Occident, ont continué à traiter le pays de tous les noms, ont contribué à faire partir le maximum de jeunes possibles et surtout on n'a plus entendu leurs voix sur une question sociale concernant le pays. Comme le notait un post Facebook sur le candidat Joshua Osih, "ils apparaissent le jour des élections et quand ils perdent, ils repartent prendre leurs poids."

Vous aimez peut-être ce pays plus que nous, mais nous, nous y avons consacré nos vies. Nous avons décidé de travailler à sa grandeur. Et ça, nous continuerons à le faire quel que soit le candidat qui remportera cette élection. Vous allez certainement disparaître une fois de plus d'ici la fin d'année pour aller prendre votre poids. Mais nous, nous serons toujours là. Sur le terrain à essayer de faire avancer les choses du mieux que nous le pouvons. Et je ne sais pas pour les autres, mais cette fois-ci je ne prendrai aucun break. Si vous avez décidé une fois de plus de faire dans l'immondice, sachez que vous trouverez ma plume sur votre chemin. Et souvent "la plume est plus puissante que l’épée." 


Lomé 🇹🇬 

Aimer son pays, ce n’est pas un slogan, c’est un comportement

Il y a quelques jours, j'ai exprimé mon opinion sur un sujet concernant le pays et là, un pote est sorti du buisson. Un de mes nombreux amis de la diaspora comme Flavien aime à me le rappeler.

Parce que j'ai dit que c'était stupide de passer son temps à insulter son pays parce qu'on est frustré, il m'a traité de donneur de leçons et m'a dit qu'ils avaient le droit de donner leurs opinions et de traiter le pays de pays de merde. À quoi j'ai répondu qu'il était aussi de mon droit de traiter cet acte de stupide. Pourquoi est-ce qu'ils devraient donner leurs opinions et on devrait dire Amen sans rajouter un mot ?

Mais bon, le clou du spectacle, c'est quand il m'a rappelé encore une fois, parce que ce n'est pas la première fois que je l'entends, que moi et tous les gens comme moi, nous n'aimions pas le pays plus qu'eux. Tu me connais, en bon amateur de mbolé, ce n'est pas le répondant qui me fait défaut. Je lui ai d'abord rappelé que je n'ai jamais dit que j'aimais le pays plus que quelqu'un et que ce sont toujours eux qui ramènent le sujet sur la table comme s'ils avaient quelque chose à se reprocher.

Cet épisode m'a un peu fait réfléchir et je me suis demandé c'est même quoi aimer son pays. Nous avons certainement tous une façon différente de le faire et si on devait s'entendre sur une norme, on pourrait en discuter toute la vie. Pour ma part, j'aime profondément mon pays. Et toute personne qui me connaît n'a pas besoin de me le demander, tellement c'est évident. J'ai l'habitude de dire que si tout le monde devait fuir le Cameroun, je serais certainement la dernière personne à partir. Et même là, je ne suis pas sûr.

Il y a quelques années, je me disais que le seul moyen de me faire partir du Cameroun serait de m'envoyer en exil. Et depuis que j'ai lu l'histoire d'Ernest Ouandié, mon héros, je me demande si je ne serais pas capable de revenir clandestinement de mon exil comme il l'a fait à l'époque.

Pour mon pays, j'ai fait tellement de sacrifices, des sacrifices que je te raconterais certainement un jour dans un livre. Et dans un monde où les gens sont de plus en plus égoïstes et égocentriques, je suis prêt à faire le sacrifice ultime pour mon pays.

Aimer son pays pour moi, c'est travailler pour lui, c'est être à son service, c'est le faire passer avant tout. Car pour moi, le Cameroun passe avant tout. Avant tout ce que tu peux imaginer. Oui, même ce que tu imagines en ce moment. Du coup, je n'ai même pas besoin d'essayer de faire un concours avec quelqu'un sur qui aime le pays plus que qui. Mon pays, je l'aime juste et ça, tu peux certainement le voir dans mes actes.

Des personnes comme moi qui aiment profondément le Cameroun, je sais qu'il y en a des centaines, voire des milliers même si je ne les connais pas tous. Chacun à sa façon, à son intensité. Et des personnes qui prétendent aimer ce pays, par contre, il y en a des millions. Certains l'aiment d'un amour maladroit, "comme ce bon père de famille en levrette sur sa fille" pour paraphraser Youssoupha dans "La vie est belle."

Je me suis donc dit que j'allais demander à ChatGPT de nous donner quelques indices sur c'est quoi aimer son pays. Je lui ai posé la question suivante : "Si je te demandais de me donner une dizaine de points de choses qu'une personne qui aime son pays ferait et ce qu'il ne ferait pas, qu'est-ce que tu me donnerais comme points s'il te plaît ?" Et voici sa réponse :

Bien sûr ! Voici une liste simple et claire de ce que ferait et ne ferait pas une personne qui aime sincèrement son pays :

Ce qu'une personne qui aime son pays ferait :

      • Respecter les lois tout en cherchant à les améliorer si elles sont injustes.
      • Valoriser la culture locale, ses langues, ses traditions et son histoire.
      • Contribuer au développement du pays à travers son travail, ses idées et ses initiatives.
      • Encourager et soutenir les entreprises locales pour stimuler l'économie.
      • Sensibiliser aux bonnes pratiques (écologie, civisme, entraide…).
      • Agir avec intégrité dans ses fonctions professionnelles et sociales.
      • Participer à la vie citoyenne : voter, débattre, proposer.
      • Promouvoir l'unité nationale et la cohésion entre les communautés.
      • Protéger les ressources naturelles et le patrimoine du pays.
      • Inspirer les jeunes générations à croire en leur avenir dans leur propre pays.

Ce qu'une personne qui aime son pays ne ferait pas :

      • Détruire ou salir l'environnement par négligence ou égoïsme.
      • Voler les ressources publiques ou détourner des fonds destinés à l'intérêt général.
      • Critiquer sans agir, se plaindre sans proposer de solutions.
      • Dévaloriser son pays à l'étranger ou sur les réseaux sociaux sans discernement.
      • Favoriser systématiquement les produits et services étrangers au détriment des locaux.
      • Encourager les divisions ethniques, religieuses ou sociales.
      • Refuser de payer ses impôts ou chercher à frauder constamment l'État.
      • Décourager les initiatives positives ou les jeunes entrepreneurs.
      • Saper les institutions sans contribuer à leur amélioration.
      • Profiter du système sans jamais rien y apporter en retour.

En résumé, aimer son pays, ce n'est pas seulement le dire, c'est le prouver par des actes quotidiens, aussi petits soient-ils, qui vont dans le sens du bien commun et du progrès durable.

Ce n'est que l'avis de ChatGPT mais ça constitue déjà un bon début de plan de travail. À chacun de se faire son idée et si possible d'aller répondre à la question de Youssoupha dans la chanson citée plus haut : "Est-ce que c'est ça l'amour ?"


Lomé 🇹🇬 

Et si on arrêtait d’enterrer nos propres prénoms ?

Il y a quelques années déjà, j'ai décidé que tous mes enfants auraient des prénoms africains. Histoire de commencer à reconstruire cette identité africaine qui était la nôtre et qui n'a cessé d'être brisée depuis l'arrivée des Occidentaux et des Arabes sur notre continent.

À mon premier, je lui ai donné un prénom camerounais, Zowa, qui est le diminutif de mon Ndap, mon nom traditionnel. Et à mon deuxième, j'ai donné un prénom togolais, Ayité.

Depuis quelques jours, avec les enfants, nous sommes au Togo. La première fois pour Ayité. Et il y a un phénomène qui me choque. Au début, j'ai été étonné que personne ne se soit jamais retourné dans une pièce remplie quand j'appelais Ayité qui courait dans tous les sens. Une situation qui aurait été commune il y a encore quelques décennies au Togo, tellement ce prénom était répandu. Mais le pire, c'est que de plus en plus, quand j'appelle mon fils en public, des gens se tournent vers moi étonnés. Comme s'ils avaient vu un zombie. Comme s'ils étaient étonnés qu'il y ait encore des personnes qui donnent des prénoms aussi "rétrogrades" à leurs enfants.

Je peux comprendre que les autres fassent tout pour faire disparaître notre culture. Mais ce que je n'arrive toujours pas à comprendre, c'est pourquoi nous acceptons d'en être complices.


Lomé 🇹🇬 

Quitte à râler, autant se mettre au boulot

Ce week-end, j'ai fait une escapade au Bénin. Et franchement, plus je voyage en Afrique et plus je me dis que nous, les Camerounais, devrions être un peu plus humbles. Car tout ce que nous avons, c'est la nourriture et une grande gueule, entre autres pour manger cette nourriture et insulter tout le monde.

De la location de la voiture à Europcar Lomé au trajet de Lomé à Cotonou sur une distance d'un peu plus de 150 km, tout était génial. Pour une personne qui a fait Douala-Yaoundé (220 km) en voiture il y a quelques mois, c'est le jour et la nuit. Tu as l'impression qu'au Cameroun, nous n'avons pas reçu le mémo du développement. Mais bon, ce n'est même pas ça le plus important, car je sais que tout ça, ce sont des questions économiques et qu'il y a des gens qui s'endettent pour avoir des écrans 4K dans leurs salons alors que leurs moyens ne leur permettent pas. Je ne saurais donc comparer le Cameroun et ces pays sur ce point.

Cependant, la chose qui me marque toujours le plus, c'est surtout l'attitude des gens. Au Cameroun, j'ai souvent l'impression que je suis en guerre avec tout le monde, des officiers du maintien de l'ordre aux différents acteurs de la société civile. Tout le monde essaie de prendre le dessus sur tout le monde. Ici, j'ai pu faire mon escapade sans encombre. Personne pour essayer de m'intimider, me menacer, me faire perdre du temps ou m'extorquer de l'argent. Le genre de road trip que je fais souvent en Europe. Tu prends ta voiture, tu roules sans problème aller et retour sans avoir à avoir une relation quelque part. Mais bon, peut-être que c'est mon expérience qui est exceptionnelle.

Je sais qu'après avoir lu jusqu'ici, certains diront que c'est le gouvernement qui tue le pays. Mais je suis toujours contre cet avis. Je ne suis pas sûr que les dirigeants de ces pays soient meilleurs que les nôtres. Et je sais de fait que même dans ces pays, les populations se plaignent de leurs dirigeants. Ce que je crois, c'est que chaque peuple est à l'image de ses dirigeants. D'ailleurs, c'est parmi le peuple que les dirigeants sont choisis. Ils viennent rarement d'ailleurs. Selon moi, notre problème au Cameroun, c'est que nous n'avons pas assez le sens du bien commun. C'est chacun pour soi. À la moindre occasion, nous sommes prêts à prendre avantage de l'autre pour de l'argent, la gloire ou juste être mieux vus aux yeux des autres. Ce n'est pas un comportement dans lequel peut se construire un développement.

Et autant je pense que nous sommes tous coupables de notre sort, autant j'en veux un peu plus à toutes ces personnes comme moi qui sont un peu plus éduquées que les autres, qui avons eu le privilège de voir comment ça se passe sous d'autres cieux. Car c'est à nous que revient la tâche de tirer les autres vers le haut. Mais au lieu de ça, on préfère aller quémander des passeports en Occident et aller sur internet jeter notre venin sur tous ceux qui essaient avec leurs moyens bancals de faire avancer les choses. Si tous ces Camerounais qui ont tant reçu, tous ces Camerounais qui ont pu bénéficier d'une éducation d'élite, tous ces Camerounais qui ont pu voyager à travers le monde, tous ces Camerounais qui viennent de familles fortunées, tous ces Camerounais dont les parents ont eu la chance d'avoir un poste de fonctionnaire dans le gouvernement, tous ces Camerounais qui ont eu la chance de s'en sortir dans la vie dans les arts, la musique, l'ingénierie ou autre. Si tous ces Camerounais décidaient de se mettre au service du pays au lieu de se plaindre en longueur de journée et souvent à des milliers de kilomètres, je suis persuadé que nous serions certainement l'un des pays les plus puissants d'Afrique. Car s'il y a bien une chose que nous avons et que je ne vois pas en abondance dans tous ces pays africains que j'ai la chance de visiter, c'est notre esprit de créativité, notre combativité, notre résilience, bref le "Hemlé" comme on l'appelle chez nous.

Si tu fais partie de la classe des Camerounais que j'ai énoncée ci-dessus, je t'exhorte à te mettre au travail. Et si tu ne sais pas par où commencer, n'hésite pas à me contacter et qui sait, peut-être serais-tu intéressé de rejoindre cette armée du changement que nous sommes en train de mettre sur pied pour le développement de notre pays.


Lomé 🇹🇬