Rentrer en Afrique, c’est refuser de travailler ?

On parle comme ça, le Noir c’est quelque chose hein. Souvent, je me demande même si nous ne sommes pas vraiment une sous-race comme le proclament les suprémacistes blancs. Un peu comme dans cette interview où on demande à Elon Musk s’il pense vraiment que les Noirs et autres minorités ne sont pas des peuples intelligents et il répond : "Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je dis juste que nous ne devrions pas baisser les standards pour eux." En gros, on ne va pas descendre le panier de basket de 3m05 à 1m50 parce que vous êtes des pygmées.

Pourquoi je t’en parle aujourd’hui ? Parce que cet après-midi, maman m’a encore sorti une nouvelle bombe. Une de ses sœurs lui aurait dit que, parce que j’ai décidé de rentrer me battre au pays, je refuse de travailler. Donc, d’après elle, si tu as la possibilité de travailler en Europe et que tu décides de le faire en Afrique, tu refuses de travailler. Ou bien, c’est peut-être parce que j’ai décidé d’être un entrepreneur et que depuis des années, j’essaie tant bien que mal de faire décoller plusieurs projets.

Je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés à nous rabaisser de la sorte nous-mêmes. Nous en sommes arrivés au point où nous sommes persuadés que même le travail, c’est en Occident. Juste parce qu’on y gagne un peu plus d’argent. Alors même que la plupart de nos diplômés là-bas ne font que remplir des fichiers Excel et manipuler d’autres logiciels en longueur de journée. Le vrai travail, celui du terrain que nous devons faire ici en Afrique si nous voulons avoir la chance de nous développer un jour, nous ne le considérons pas.

Mais ce qui me choque le plus, c’est que la personne qui dit ça travaillait au Cameroun (le pays où il n’y a pas de travail) pour payer les études de ses enfants en Occident, pendant que moi, je faisais toutes sortes de petits boulots en Occident pour payer les miennes.

Mon choix de revenir mettre mon expertise au service de mon pays ne me donne pas encore autant d’argent que tous les marchés publics qu’ils ont gagnés ici pour envoyer leurs enfants à l’étranger. Mais cela n’en demeure pas moins du travail. Que ça leur plaise ou non.

Quand je pense à tous ces jeunes à qui des parents idiots comme ça détruisent les rêves, je me dis juste que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Si nous n’avions que des parents de la sorte, l’Afrique n’aurait certainement jamais des personnes comme mon ami Victor Likone, qui s’est battu pendant une décennie avec un projet qui commence à peine à porter ses fruits.

Mais bon, que peut-on attendre des parents du troisième âge qui partent quémander des titres de séjour en Occident comme des mendiants ?


Douala 🇨🇲 

Quand ton fils te rappelle que le combat est long...

Hier, mon fils m’a posé une question par message à travers le téléphone de sa mère. Le genre de question qui te donne l’occasion de montrer quel genre de papa tu es et de marquer un vrai coup sur l’éducation de tes enfants. Il a écrit :

J'ai une question, papa ? Tu es pour Barcelone ou le Real de Madrid ?

J’étais tellement content. Car bien qu’étant une question banale, ça me donnait l’occasion de lui faire un petit exposé sur la cause noire et le combat que je mène depuis des années. À cette question aussi simple, j’ai pondu une réponse longue et détaillée que je te laisse découvrir dans le prochain paragraphe.

Alors, très bonne question mon fils. Quand j'étais plus jeune et que j'étais un passionné de foot au point où je voulais en faire mon métier, mon club de cœur était le FC Barcelone. J'étais un supporter de Barcelone principalement pour deux raisons. Deux joueurs en fait. Deux Brésiliens :

      1. Ronaldo. Le vrai, le génie brésilien, "El Fenomeno" (le phénomène), comme on appelait cet attaquant hors pair.
      2. Rivaldo. Un milieu de terrain extrêmement talentueux et élégant dans son jeu, dont j'étais aussi fan.

Ensuite, il y a eu Eto'o Fils, notre héros national 🇨🇲, qui est venu renforcer mon amour, à moi et à de nombreux autres Camerounais, pour le club des Blaugrana.

Mais aujourd'hui, je ne suis ni pour Barcelone ni pour le Real de Madrid. Ce sont tous les deux des clubs espagnols. Et bien que je n'aie rien contre l'Espagne, je préfère mettre mon énergie sur les miens, mes semblables.

Aujourd'hui, je te dirais que je suis pour Les Lions Indomptables du Cameroun 🇨🇲. Et je suis aussi pour Les Éperviers du Togo 🇹🇬, parce qu'une très belle Togolaise m'a fait les plus beaux cadeaux du monde après celui que m'a fait ma mère (mamie) en me donnant la vie et l’éducation qu’elle m’a donnée. Ces cadeaux, c’est toi, Zowa et ton frère Ayité.

Et si je devais être pour une autre équipe à part ces deux-là, ce serait certainement celle du Gabon 🇬🇦, du Nigeria 🇳🇬, de la Côte d'Ivoire 🇨🇮, du Kenya 🇰🇪 ou de tout autre pays africain. Parce que c'est certainement ce qu'un Européen ferait. Il ne serait pas pour l'Union de Douala ou Coton Sport de Garoua.

D’ailleurs, l’Union de Douala est mon club de cœur quand il s'agit des clubs de football camerounais. Et Coton Sport de Garoua est notre fierté nationale 🇨🇲, l’équivalent de Barcelone ou du Real en Espagne.

Le fait que tu me poses cette question précise montre à quel point, sournoisement, on essaie de nous imposer une certaine vision du monde. Comme si le débat devait se faire entre ces deux clubs alors que le monde est bien plus grand que ça.

Laissons les Espagnols se poser cette question. À la limite, laissons les Blancs et les Européens se poser cette question. Nous, notre intérêt doit être ailleurs. Et j'ai hâte que ton frère et toi grandissiez pour venir m’aider à défendre ces intérêts.

❤️

Après l’avoir envoyée, j’étais tellement fier de moi. Fier de cette occasion que je venais de saisir de vendre la cause africaine à mon fils. Mais j’ai très vite déchanté quand j’ai reçu sa réponse quelques minutes plus tard. Une réponse tellement simple que c’était à se demander s’il avait même lu mon texte. Sa réponse fut tout simplement :

Moi, entre les deux, c'est le Real.
Quand tu dis "Ronaldo", tu dis Ronaldo Luís 🇧🇷 ou CR7 🇵🇹 ?

J’étais dépité. Je ne sais pas s’il n’en avait rien à foutre de tout ce que je venais de lui raconter ou bien s’il voulait juste se débarrasser de moi pour aller dormir. Je ne peux qu’espérer que cette graine que j’ai semée pourra un jour germer dans sa tête.

Quand je parle souvent du lourd prix à payer pour l’immigration, il s’agit aussi de ça. Du fait que, petit à petit, nous nous laissons déraciner pour aller nous mettre au service des autres en pensant qu’ils pourront un jour nous accepter.

Mon fils est censé être un Africain, afin que notre culture perdure dans le temps. Mais lui, comme la plupart de ces enfants noirs nés en Occident, ne risque jamais de l’être. Et malheureusement, ils ne seront pas des Blancs non plus. Sans nous en rendre compte, nous avons créé des hybrides perdus qui ne peuvent être qu’au service des autres. N’ayant pas assez de personnalité pour qu’on les respecte ici comme là-bas. Des bâtards, comme on dit souvent avec les chiens, ou des “Kouandjan”, comme on les appelle chez nous au Cameroun. Des êtres qui n’appartiennent à aucune race.

Le pire dans ce message qu’il m’a envoyé, c'est que bien qu’il soit lui-même dans un club de foot, il n’a quasiment jamais vu jouer Barcelone ou le Real. Le fait même de se poser la question de savoir lequel préférer des deux et d’avoir fait un choix est un témoignage de la puissance du contexte sur ces enfants en Occident.

J’ai beau passer toute son enfance à lui rappeler qu’il était noir et qu’il devait en être fier. Aujourd’hui, à 10 ans, il commence déjà à se considérer plus comme un Blanc que comme un Noir. Juste deux ans avant l’âge fatidique de 12 ans, qui, selon moi, est l’âge auquel nous perdons la plupart de nos enfants en Occident.

Tout ceci me rappelle la conversation que j’ai eue avec ses cousines à Paris, qui, à 10 et 8 ans, ne savaient pas qui était Samuel Eto’o. Elles ne pouvaient citer aucun nom d’un joueur de l’équipe du Cameroun, ni du présent ni du passé, mais connaissaient par cœur presque tout le 11 entrant du Real de Madrid.

Mais bon, comment leur en vouloir. Pour la plupart des africains même encore en Afrique, ce serait le club de Dieu. On ne peut que féliciter la colonisation et tout l’aliénation qui va avec.


Douala 🇨🇲 

100 abonnés sur ma chaîne WhatsApp : tu m’aides à atteindre ce cap ?

J'ai commencé cette aventure tout doucement. En écrivant un texte par-ci par-là, tournant une vidéo par-ci par-là et enregistrant un podcast par-ci par-là. Ensuite, j'ai créé une chaîne WhatsApp pour partager les liens de toutes mes interventions en ligne. Mon choix de ne pas inonder la toile était délibéré et assumé. Je voulais avoir un espace personnel où je pourrais partager mes travaux sans avoir à dépendre d'un algorithme. Je voulais que les gens puissent suivre mon contenu parce qu'ils le trouvent intéressant et non parce qu'une plateforme le leur aurait proposé. Je voulais que tu reviennes de toi-même si tu en voulais plus.

C'est la raison pour laquelle, jusqu'à présent, je n'ai pas mis sur pied de newsletter et que je ne fais que très peu la promotion de ma chaîne WhatsApp ou de mon blog.

Cependant, quasiment chaque semaine, il y a une personne qui vient me dire à quel point ce que je fais l'inspire. Il y a au moins une personne qui sera complètement retournée par quelque chose que je lui aurais dit. Que ce soit à travers mon blog ou une conversation. Je me rends compte de plus en plus à quel point je peux être utile à ma communauté. Et que ce serait la desservir que de ne pas partager avec le plus grand nombre tout ce que je sais. Mes histoires, mes découvertes, mes réflexions, mes insights, ma perspective souvent très particulière du monde. Et qu'il serait peut-être temps que je m'ouvre un peu plus.

J'ai donc décidé de communiquer un peu plus souvent. Et la première étape dans ce chantier serait pour moi d'atteindre les 100 abonnés sur ma chaîne WhatsApp. À l'heure où je fais ce texte, j'en suis à 96 et je voudrais t'inviter à m'aider à atteindre ce premier milestone. Comment ? Il te suffirait de faire 2 publications en statut. Le premier étant le lien de la chaîne et le second étant un texte où tu dis pourquoi tu invites toute personne à s'abonner. Et si tu es motivé, tu peux aussi partager dans une troisième publication mon texte qui t'a le plus marqué.

En statut, nous passons notre temps à poster des vidéos TikTok, des textes et images drôles, produites par des personnes que nous ne connaissons pas et dont nous ne connaissons pas les vraies intentions. Et si pour une fois, on postait quelque chose qui pourrait emmener les uns et les autres à réfléchir. Même si tu n'es pas forcément d'accord sur tous les sujets que j'aborde, au moins ils ont le mérite de proposer une autre perspective. Et c'est dans cette diversité de points de vue que nous trouverons peut-être notre salut.

Merci d'avance à toi qui te plieras au jeu.


Douala 🇨🇲 

La discipline au quotidien : quand l’engagement prend le dessus

Le texte que j'avais prévu aujourd'hui, je ne pourrai pas le faire. Pas assez de temps. J'ai eu une journée assez chargée qui vient de s'achever par un passage à la veillée (pas sur la voie publique) du papa d'un camarade d'école.

Souvent, on me demande pourquoi j'écris tous les jours. Pourquoi je n'écris pas juste quand je suis dans les bonnes conditions. C'est justement pour des jours comme aujourd'hui. Des jours où malgré un programme chargé, mon engagement me pousse à faire preuve de beaucoup plus de discipline que d'habitude. Si ce n'était pas ce texte, je serais certainement resté encore plus longtemps à la veillée, histoire de rattraper un peu les conversations avec les vieux camarades. Mais non, il fallait écrire. Et je suis bien content d'être de retour pour le faire.

Je suis bien content de toute cette discipline que cet engagement apporte dans ma vie. De l'homme que ça fait de moi. Et je ne peux que t'inviter à essayer. Peut-être pas avec l'écriture. Trouve-toi juste cette activité qui pourra t'ancrer un peu plus et que tu pourras pratiquer tous les jours. Qui sait ? La meilleure version de toi se cache peut-être derrière cette petite décision.


Douala 🇨🇲 

Street food et retour aux sources : ma routine incontournable à Douala

Il y a quelques semaines, je te parlais des routines qui nous lient émotionnellement à un lieu, en te racontant mon rituel raclette avec Tim. Aujourd’hui, j’aimerais partager une autre routine, celle que j’ai développée au Cameroun avec mon pote Lionel : la routine street food.

À chaque retour au pays après un voyage à l’étranger, il y a des choses que je ne manque jamais dans ma première semaine. Les incontournables : Passer une commande chez Le Porc Braisé, pour retrouver les saveurs du meilleur porc braisé du pays. Aller au Njiksons pour déguster la meilleure salade d’avocats du pays. Et surtout, faire un mini street food tour avec Lionel.

Le mini street food tour avec Lionel

👉 Première étape : direction New Bell pour manger des brochettes de bœuf, accompagnées de beignets de riz et de Chaï.

👉 Quand nous avons du temps : on pousse jusqu’à Shell New-Bell pour déguster des beignets banane.

👉 Et pour finir en beauté : direction Cité SIC pour des brochettes de poulet bien grillées.

Le ventre plein, on discute de tout. Des projets, du combat que nous avons décidé de mener pour un Cameroun meilleur, des défis qui nous attendent, et des actions à poser.

Un rituel qui me remet dans le bain

Cette routine n’est pas juste un plaisir culinaire. C’est mon moyen de me reconnecter directement au pays, d’effacer toutes les pensées parasites qui auraient pu s’infiltrer à l’étranger, et de me remettre dans l’état d’esprit du bâtisseur.

Et toi ?

Quelles sont tes routines du retour au pays ? Quelles sont ces petites habitudes qui te permettent de te recentrer et de repartir du bon pied ?


Douala 🇨🇲 

Un pays à l’image de ses citoyens : et si le problème, c’était nous ?

On se plaint souvent du gouvernement et des choses qui vont mal dans ce pays en oubliant que nous-mêmes, nous ne sommes pas innocents.

Il y a quelques semaines au Togo, je ne circulais qu'en Gozem et Yango. Et franchement, l'expérience était juste incroyable. Les chauffeurs étaient tellement serviables, gentils et polis. C'était à se demander s'ils avaient un autre salaire que celui des courses que je payais. Des courses qui étaient d'ailleurs d'un prix plus que raisonnable.

Je ne pouvais pas m'empêcher de faire le parallèle avec mon expérience Yango au Cameroun. Où je ne peux pas faire 3 courses sans avoir un problème avec un chauffeur. Où pour qu'un chauffeur arrive d'un coup, il faut vivre dans les grands quartiers. Où une fois sur deux, le chauffeur te laissera en milieu de route en te disant qu'il n'entre pas dans le quartier.

Ce matin d'ailleurs, j'ai repris un Yango à Douala. Le premier depuis mon retour et c'est déjà reparti, il a fallu que je rappelle le chauffeur 10 minutes plus tard pour qu'il se mette en route alors qu'il m'avait déjà dit 10 minutes plus tôt qu'il arrivait. Sans parler de celui que nous avons commandé hier pour faire livrer un colis, qui après s'être trompé d'adresse nous a carrément dit d'annuler la commande.

Comme quoi, notre problème c'est peut-être notre mentalité. Cette mentalité où chacun veut profiter de l'autre. Cette mentalité où personne ne respecte l'autre. Cette mentalité où le bien commun, la communauté est relégué au second plan.

Nous devrions peut-être commencer par travailler sur ça avant d'espérer avoir de meilleurs dirigeants. Car comme je dis souvent, ils ne sont qu'à notre image.


Douala 🇨🇲 

Droit et justice : ne confondons pas tout !

Hier dans l'avion, j'ai dû changer de place, aller tout au fond pour écrire mon texte. La raison : le passager assis devant moi avait totalement rabaissé son siège. Au point où je ne pouvais tout simplement plus ouvrir mon ordinateur en le posant sur la tablette devant moi. En demandant au personnel de bord une place où je pourrais faire mon texte tranquillement, ils m'ont rappelé que ce passager avait le droit de rabaisser son siège comme il l'avait fait.

Il y a quelques mois, je discutais avec mon cousin dont la sœur était en procédure de divorce. Cette dernière se battait au tribunal pour avoir la garde totale des enfants afin que leur père ne puisse les voir que quand elle le déciderait. Et je rappelais à ce cousin qu'il ne faut pas confondre le droit et la justice.

Je n'ai cessé de rappeler à qui veut l'entendre, et surtout aux femmes, qu'il fallait faire très attention dans la vie. Car ce n'est pas parce qu'une loi existe qu'elle est juste. Qu'en toute chose, il était important de se mettre du côté de la justice et pas forcément du côté de la loi si celle-ci était clairement injuste. Ceux qui font les lois n'ont pas souvent les mêmes intérêts et le même agenda que nous. Et suivre ces lois bêtement quand nous avons la possibilité de faire autrement serait nous exposer à des injustices plus grandes.

Pour illustrer mon propos, je prenais souvent l'exemple du divorce. Quand un couple est marié, ils sont souvent d'avis tous les deux que les enfants ont besoin de leurs présences à tous les deux pour bien se développer. Mais dès qu'ils se séparent, c'est chacun qui veut la plus grosse part du gâteau en termes de présence. Et la plupart du temps en Occident, c'est la mère qui obtient la garde et le père un droit de visite un week-end sur deux. La femme qui était d'avis il y a quelques années que ses enfants auraient besoin de leur père au moins 50% du temps, se retrouve toute contente que ce dernier ne puisse les voir que moins de 25% du temps.

J'avais l'habitude de dire aux femmes par exemple que ce n'est pas parce que le tribunal te donne droit à 50% de la fortune de ton mari que tu devrais réclamer ces 50%. Surtout quand tu sais que tu n'y as été pour rien ou presque dans la construction de cette fortune. Il serait plus sage de demander un montant raisonnable et de continuer ton bout de chemin ailleurs. Il n'y a aucune justice dans le fait qu'une personne perde des centaines de millions de dollars dans un divorce parce qu'il aurait trompé sa femme. Aucune !

Toutes les lois ne sont pas justes. Et aucune loi ne devrait se mettre entre toi et ton bon sens. Sinon tu deviens juste la marionnette de ceux qui font les lois. Et je crois que c'est quelque chose que MacKenzie Scott, l'ex-femme de Jeff Bezos, avait aussi compris. Elle aurait pu avoir droit à la moitié de la fortune de l'homme le plus riche du monde après leur divorce. Mais ça n'aurait fait que fragiliser sa position, celle du père de ses enfants. Et surtout, fait d'elle une femme aux longs yeux. Elle a certes été auprès de lui pendant qu'il bâtissait l'empire Amazon. S'occupant des enfants et tenant le foyer. Mais ce n'est certainement pas avec ses talents d'auteur qu'elle aurait pu amasser une fortune de 38 milliards de dollars. Somme qu'elle a accepté de prendre après son divorce de Jeff qui pesait plus de 135 milliards à l’époque.

Mais bon, peut-être que je devrais juste arrêter de voyager en éco pour ne plus avoir des personnes qui m'empêcheraient d'écrire mes textes, juste parce qu'elles en ont le droit.


Douala 🇨🇲 

Les paradoxes de la foi : Quand les Africains deviennent les gardiens de la religion des autres

Il y a quelques jours, j'ai pris une photo à l'école de mon fils. Une photo qui m'a fait sourire. Laisse-moi te la partager. 

Peut-être que toi aussi, tu n'y vois rien d'anormal. Comme les premières personnes à qui je l'ai fait voir. Mais je t'invite à la regarder de plus près.

Nous sommes en Savoie, en France et sur un magazine qui parle d'église catholique en Savoie, nous avons en couverture 4 personnes. 3 Noirs et un Blanc. Je ne sais pas pour toi, mais le malaise était quand même profond quand j'ai vu ça. C'est-à-dire que nous avons tellement adopté la religion des autres que nous sommes prêts à jouer les sapeurs-pompiers pour la maintenir en vie. Mais bon, faut pas déconner, c'est quand même le Blanc qui est devant et qui commande.

Je sais que quand on commence à parler de religion, beaucoup de cerveaux s'éteignent. Beaucoup de personnes préfèrent ne pas réfléchir parce que ne sachant pas quoi faire si leur réflexion les met face à leurs incohérences. Mais bon, tu me connais, je dis ce que je pense, que ça plaise ou pas.

Quand on observe un peu le monde, on se rend compte que les gens gardent tout ce qui est bon pour eux en général et quand ils décident de partager, c'est la plupart du temps pour profiter des autres. Nous vivons dans un monde où certains pays jettent plus de nourriture que d'autres n'en produisent. Dans un monde où tout le monde dit aimer l'Afrique mais personne n'est prêt à lui faire un transfert de technologie, au contraire, on se contente de continuer à l'exploiter et à faire de ses enfants des esclaves modernes. Et moi, je me demande pourquoi ils sont aussi enthousiastes de partager la soi-disant bonne nouvelle avec nous. Au point où ce sont encore nous, les Noirs, qui devons être les prêtres chez eux.

Bref, les voies du Seigneur sont impénétrables, il paraît. Mieux vaut que je continue à tirer sur la diaspora et je reste tranquille.


✈️ En vol entre Paris et Douala 🇫🇷-🇨🇲 

Il n’y a pas de repas gratuit : la leçon oubliée des Noirs

Dans une de ses lettres à son fils, John D. Rockefeller raconte l’histoire d’un roi qui rassembla tous les sages de son royaume pour leur demander une mission : écrire un livre qui condenserait toute la sagesse humaine depuis la nuit des temps. Les sages se mirent au travail et, après plusieurs mois, ils revinrent avec un livre épais, qui selon eux, contenait toute la sagesse du monde. Le roi parcourut le livre et déclara qu’il était trop long. Il demanda aux sages de le raccourcir, car un ouvrage aussi volumineux ne pourrait être lu par son peuple. Les sages retravaillèrent donc leur livre. Ils revinrent avec une version plus courte. Mais le roi leur demanda de le condenser encore davantage. Ils répétèrent l’exercice jusqu’à réduire le livre à une seule feuille. Puis, de la feuille, ils passèrent à un simple paragraphe. Et enfin, à une seule phrase : "Il n’y a pas de repas gratuit.” Le roi fut satisfait. Il déclara alors que toute la sagesse du monde tenait désormais en cette seule phrase.

Les Noirs n’ont toujours pas compris cette leçon

J’ai beaucoup souri en entendant cette histoire. Pourquoi ? Parce qu’elle résonne exactement avec ce que je dis chaque jour. Je suis convaincu que nous, les Noirs, sommes les seuls à ne pas avoir encore appris cette leçon fondamentale. Nous croyons encore aux repas gratuits.

  • Quand le Canada ouvre grand ses portes, on pense que c’est un cadeau.
  • Quand on nous envoie de l’aide humanitaire, on pense que c’est une faveur.
  • Quand on nous accorde des passeports occidentaux, on croit que c’est une chance.

Mais nous ne nous posons jamais la question essentielle : Quel est le prix de tout cela ?

  • Le prix en argent?
  • Le prix en temps?
  • Le prix en effort?
  • Le prix en conséquences à long terme ?

Les élites africaines ont sacrifié l’avenir de leur descendance

À force de croire aux "cadeaux", une génération entière d’élites africaines a sacrifié ses terres, ses ressources et même son avenir en Occident. Ils ont troqué un héritage durable contre des promesses éphémères. Ils pensaient recevoir un repas gratuit. Mais la facture arrive toujours tôt ou tard.

Mais bon… je sais déjà que certains mbenguistes vont encore me dire que leurs enfants seront différents, qu’ils ne seront pas comme ces jeunes Noirs perdus en Occident.

Mais il n’y a pas d’exception à la règle. Le prix des repas gratuits finit toujours par être payé… parfois par ceux qui n’ont même pas demandé à manger. There’s nothing like a free lunch! Si tu n’arrives pas à comprendre cette leçon simple, je ne sais pas ce qu’on peut encore faire pour toi.


Barberaz 🇫🇷 

Le piège invisible de l’immigration : quand la diaspora perpétue la dépendance

 Ce matin, j’ai fait du café soluble. Et en versant de l’eau chaude sur le café, une odeur particulière s’est dégagée. Une odeur qui m’a ramené à de très vieux souvenirs—comme seul l’odorat sait le faire.

Ces souvenirs, c’était l’image de moi, plus jeune, passant quelques jours chez "les riches" de ma famille, à Bonanjo ou Bali. Moi, le petit garçon de la Cité des Billes à Bilonguè, au milieu des pauvres, où le petit déjeuner se résumait à des beignets-haricots-bouillie ou du pain-haricot acheté quelque part au quartier. Le café, ce n’était pas notre truc. Mais chez les riches, c’était une autre histoire.

Une habitude importée

En me replongeant dans ce souvenir, je me suis rendu compte d’un autre détail. Tous ces "riches" avaient un point commun : ils avaient vécu en Occident. Cette habitude du café soluble au petit déjeuner n’était clairement pas camerounaise. C’était une importation culturelle, un rituel étranger qu’ils avaient adopté là-bas et qu’ils avaient ramené ici, en Afrique. Et c’est là tout le piège de l’immigration.

Quand l’Occident s’installe en Afrique, par ses propres enfants

Même ceux qui reviennent après des décennies en Occident, ceux qui ont gardé leur passeport ndolè, ne rentrent jamais vraiment seuls. Ils ramènent avec eux un Occident qu’ils ont souvent fui, un Occident qu’ils n’ont jamais vraiment quitté.

👉 Leur mode de vie change.
👉 Leur alimentation change.
👉 Leur manière de penser change.

Et sans même s’en rendre compte, ils deviennent les plus grands ambassadeurs de la culture occidentale en Afrique. Pire encore, leur potentiel de nuisance est supérieur à celui des blancs eux-mêmes. Car eux, ils parlent notre langue, ils sont de notre sang, ils ont notre confiance.

La preuve : l’éducation de leurs enfants

La plupart de ces riches africains chez qui je passais mes vacances ont tous fini par envoyer leurs enfants étudier en Occident. Pourquoi ? Parce que, selon eux, "il n’y a rien de mieux que Harvard, la Sorbonne et compagnie.” Plutôt que de construire une Afrique plus forte, ils ont préféré reproduire l’Occident ici. Et quand ils n’ont pas réussi, ils ont tout simplement expédié leurs enfants là-bas. Parce que l’Occident reste leur modèle ultime.

Le piège de la diaspora dans le développement africain

Chaque fois que je vois un politicien africain vanter ses liens avec la diaspora, je me demande s’il réalise vraiment l’impact de cette "élite" sur notre dépendance aux grandes puissances. Parce qu’en réalité, beaucoup de ceux qui reviennent ne viennent pas construire l’Afrique… ils viennent installer une succursale de l’Occident sous nos tropiques.


Barberaz 🇫🇷