Je saisis ce texte depuis un restaurant à Lomé. J’ai été choqué par un petit détail et je me suis dit que je pouvais le partager directement avec toi. Par contre, ne me demande pas ce que je fais dans un restaurant avec mon ordinateur. Moi-même, ça me dépasse.
Bref, je prends la carte du restaurant et commence mon inspection. Oui, oui, je suis aussi un entrepreneur culinaire, au cas où tu l’aurais oublié. Comme d’habitude, je cherche de l’eau. Je me rends compte que l’eau minérale coûte 1 500F, sans surprise. Le Perrier aussi, cette eau gazeuse importée de France.
Curieux, je demande au serveur s’ils ont Possotomé, une eau gazeuse béninoise que j’ai découverte plus tôt dans la journée. Il me répond que oui, et me la montre sur la carte… à 3 000F. Et c’est là que les problèmes ont commencé.
Je lui demande comment ils peuvent vendre une eau gazeuse importée de France à 1 500F et une eau gazeuse importée du Bénin à 3 000F. Il me répond que ce ne sont pas les mêmes quantités. En effet, le Perrier fait 33 cl, alors que la Possotomé fait 1,5 L. Sauf que… j’ai vu cette même Possotomé à 1 500F la bouteille plus tôt dans un autre restaurant de la ville aux standards quasi identiques. Donc elle ne doit pas coûter si cher à l’achat.
Là, tu dois te dire que je suis en train de chipoter pour une histoire de bouteille d’eau. Mais si c’est ce que tu penses, c’est que toi aussi, tu n’as pas encore compris.
La guerre économique se joue à tous les niveaux
Nous devons tous être des soldats dans cette bataille, car si nous perdons, nous serons asservis. Obligés de manger, parler et même chier comme les autres l’auront décidé.
En proposant du Perrier à 1 500F et la Possotomé à 3 000F, nous poussons inconsciemment les consommateurs à choisir une eau recueillie à des milliers de kilomètres au lieu d’une eau locale, puisée juste à côté.
Résultat ? On continue de renforcer l’importation de certains produits, même quand des alternatives locales existent déjà.
En tant qu’entrepreneur, nous sommes en première ligne dans cette guerre économique. Nous avons la responsabilité de faire des choix stratégiques qui favorisent nos produits, nos industries et nos économies.
Ce que j’aurais fait
Moi, je n’aurais même pas proposé du Perrier sachant qu’il existe Possotomé.
Si c’était une question de marge, j’aurais gardé le prix à 3 000F, mais j’aurais positionné l’eau béninoise de manière plus avantageuse :
- Soit en mettant Possotomé au même prix que Perrier (1 500F) pour les inciter à l’essayer.
- Soit en la mettant à 2 000F, histoire qu’elle reste compétitive par rapport au Perrier, tout en conservant une bonne marge.
Je suppose que le restaurant applique une marge fixe sur chaque boisson et arrondit aux 500 supérieurs pour des prix ronds. Mais peu importe la logique adoptée, nous ne devons jamais perdre de vue que nous faisons partie d’un écosystème. Un écosystème que nous avons intérêt à voir prospérer.
Lomé 🇹🇬