La plus grande menace pour ton business ne vient peut-être pas de tes concurrents

Le week-end dernier, je devais faire un voyage à Berlin. Mon vol décollait à 6h le samedi et atterrissait à 23h le lundi, de Lyon. À ces heures, il était quasiment impossible d'avoir des navettes depuis Chambéry. J'ai regardé les prix du parking à l'aéroport de Lyon pour y garer la voiture à mon départ et la récupérer à mon retour. Et les 80 € qu'ils demandaient pour moins de 72h ne sonnaient pas bien dans ma tête. J'ai donc tenté une dernière option disponible, le covoiturage.

J'ai ouvert l'application BlaBlaCar et j'ai cherché des covoiturages qui pourraient me sauver la mise. Et j'en ai trouvé deux. Un pour l'aller et un autre pour le retour. Et le tour était joué. Finalement, le trajet retour a été annulé pendant que j'étais dans mon vol retour. Mais ça, c'est le sujet d'un autre jour. Aujourd'hui, j'aimerais te parler de ce qui me trottait dans la tête durant tout le trajet aller. Un sujet dont je parle souvent autour de moi sous une autre forme.

Souvent, tu lances ton business, tu te concentres sur la concurrence directe alors que tes plus grands concurrents se trouvent dans des endroits que tu ne soupçonnes même pas. En construisant ses parkings, l'aéroport de Lyon ne s'imaginait certainement pas que BlaBlaCar serait un de ses concurrents. Mais ce week-end, si ça n'avait pas été BlaBlaCar, j'aurais certainement garé la voiture à l'aéroport et payé une somme exorbitante. Et je n'imagine même pas le nombre de voyageurs qui, chaque jour, pour ne pas payer ces sommes, se tournent vers du covoiturage.

Les deux conducteurs que j'ai pris pour l'aller comme le retour voyageaient eux aussi depuis l'aéroport de Lyon. Mais aucun d'eux n'a utilisé le parking de l'aéroport. Souvent, ta concurrence directe peut venir des recoins insoupçonnés. Devant les prix élevés des parkings à l'aéroport, des entrepreneurs malins ont décidé d'aller louer des terrains à quelques kilomètres de l'aéroport. Ils y ont aménagé des parkings qu'ils louent à des prix défiant toute concurrence. Tout se passe en ligne. Tu réserves une place, tu paies et tu reçois l'adresse du parking. Tu y gares ta voiture et envoies un SMS pour qu'une navette (du parking) t'accompagne à l'aéroport. À ton retour, pareil, tu envoies un SMS et une navette vient te chercher pour te ramener au parking. Ce business est si florissant qu'il y a des dizaines d'entreprises qui se sont lancées sur le filon. Celui que j'ai visité samedi n'était même pas encore totalement aménagé, mais les voitures y garaient déjà, tellement la demande est forte.

Souvent, il faut réfléchir par deux fois avant de te dire que les clients n'ont pas d'autre choix que de venir à toi. Les aéroports, persuadés que les gens n'avaient pas de choix que de laisser leurs voitures, ont commencé à pratiquer des prix très élevés. Les navettes se sont engouffrées dans la brèche en proposant des trajets à des prix plus ou moins raisonnables mais sans grande flexibilité d'horaires. Elles aussi ont commencé d'ailleurs à élever leurs prix peu à peu, sachant qu'elles restaient toujours une alternative moins chère que les parkings d'aéroports. Les navettes ne voyaient pas le covoiturage comme une vraie concurrence car très peu de voyageurs pouvaient se permettre de garer leurs voitures à l'aéroport. Aujourd'hui, avec ces nouveaux parkings de périphérie à moindre coût, non seulement les parkings des aéroports sont vides, mais même les navettes ont du mal à se remplir maintenant. Car se garer pas loin de l'aéroport pour une semaine te coûte moins de 50 € aujourd'hui.

Toute cette histoire résonne tellement bien avec l'exemple que je prends souvent pour illustrer les tournures que le business peut prendre. Souvent, ton plus grand concurrent n'est même pas de ton secteur d'activité. Et quelques fois, c'est un produit gratuit qui vient mettre tout ton business à terre. C'est le cas par exemple du GPS auto.

Je me rappelle qu'en 2012, j'ai dû acheter un GPS pour l'utiliser avec ma voiture de l'époque. C'était le gadget indispensable pour les voyages. Et il fallait avoir une voiture récente pour l'avoir de base. Le marché du GPS auto était dominé par Garmin et TomTom. Ils équipaient une grande partie des véhicules auto disposant d'un GPS. Je suppose qu'ils devaient facturer une centaine d'euros la licence d'installation pour chaque voiture. Et vu le nombre de voitures qui se vendaient dans le monde, je te laisse imaginer le pactole qu'ils ramassaient.

Pour des personnes comme nous qui n'avions pas de GPS intégré dans nos voitures, il nous fallait acheter un GPS physique, entre 150 € et 500 €. Et je ne te parle même pas des mises à jour ou des cartes mémoires contenant les cartes de nouveaux continents. Bref, il fallait passer à la caisse d'une manière ou d'une autre.

Puis, Google Maps s'est un peu plus généralisé. Et on a commencé à voir des gens mettre des téléphones à la place des GPS dans leurs voitures. Google Maps avait toutes les cartes à jour et était gratuit. Le seul bémol, c'était la connexion internet. Le roaming de données n'étant pas encore assez démocratisé, le GPS restait toujours la solution sûre pour des voyages transfrontaliers. De plus, Google Maps n'était pas vraiment conçu pour des voitures. Les petites accroches pour téléphone sur les pare-brise n'étaient pas très sûres non plus. Les constructeurs continuaient de payer une licence aux fabricants de GPS auto. Et les loueurs de voiture continuaient de proposer l'option GPS avec leurs locations.

Et du jour au lendemain, Apple sort CarPlay et Google sort Android Auto. Des applications qui permettent aux possesseurs d'iPhone ou Android de faire un miroir de leurs téléphones sur le système d'information d'une voiture. Plus besoin pour les constructeurs de payer des licences pour installer des GPS, il leur suffit juste de rendre les tableaux de bord de leurs voitures compatibles avec CarPlay et Android Auto. Plus besoin pour eux d'installer des lecteurs de CD et autres. Avec un produit gratuit, Google et Apple sont venus effacer presque tout le marché du GPS auto. Pendant que Garmin se méfiait de TomTom et surveillait les nouveaux entrants comme Here, ils n'ont pas vu venir Apple et Google qui allaient les faire disparaître, pour rien. Sans parler de tous les fabricants de lecteurs ou d'accroches de téléphone pour pare-brise.

Comme quoi, la vie peut être très imprévisible. Des histoires comme celle-ci, il en existe des milliers. C'est ce qui fait la beauté du monde et surtout me donne la force de continuer à me battre même quand tout semble perdu. Il suffit parfois d'un rien pour que la roue change de sens.


Barberaz 🇫🇷 

Saint-Valentin vs. Fête de la Jeunesse : pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

Dans quelques jours, ce sera le 14 février, la Saint-Valentin. Et depuis quelques jours, sur internet, tu peux voir des offres spéciales, des packs Saint-Valentin, des réductions spécial couple et tout ce qui va avec.

Je n’ai rien contre l’amour, mais la vraie question que je me pose est : Pourquoi sommes-nous toujours aussi motivés quand il s’agit des fêtes importées, mais totalement absents quand il s’agit des nôtres ?

L’exemple le plus frappant, c’était en fin d’année avec le Ngondo, qui est certainement l’une des plus grandes célébrations culturelles de Douala.
Presque aucun de nos business locaux n’en a profité pour faire des promotions ou inviter sa clientèle à célébrer avec eux. Mais ils étaient quasiment tous pressés de proposer des packs spéciaux pour Noël. Et c’est encore la même chose aujourd’hui avec la Saint-Valentin.

La Saint-Valentin au Cameroun tombe juste trois jours après la Fête de la Jeunesse (11 février), qui est une des plus importantes du pays. Mais au lieu de proposer des offres et des promotions pour célébrer la jeunesse de notre nation, nos entrepreneurs se ruent sur des packs pour célébrer l’amour. Comme si nous avions besoin du calendrier grégorien pour nous rappeler que nous aussi, nous avons le droit de célébrer l’amour.

Quand allons-nous valoriser nos propres fêtes et traditions avec le même engouement ?


Barberaz 🇫🇷 

Les miettes de la diaspora ne remboursent même pas l’intérêt de leur départ

Hier, en Allemagne, je discutais avec quelqu’un sur le prix réel que nous payons pour envoyer nos enfants étudier en Occident, pour qu’au final, quelques années plus tard, ils nous balancent à la gueule que nous vivons dans des pays de merde et qu’ils ne se voient pas y retourner.

Je prépare d’ailleurs un article assez détaillé sur le sujet. Sur la balance entre ce que ça nous coûte d’envoyer nos enfants à l’étranger et les miettes qu’ils envoient chaque année au pays, en nous faisant croire que sans eux, nous ne sommes rien.

Mais aujourd’hui, revenons sur le cas de cette personne avec qui je discutais hier à Linthe, près de Berlin.

Il m’a expliqué que son père avait dû dépenser une caution de 5.000.000 FCFA pour lui permettre d’aller étudier en Allemagne en l’an 2000.
Nous allons mettre de côté le prix du billet d’avion, des cours de langue, des formalités de visa et des achats pour son voyage. Concentrons-nous juste sur cette somme : 5 millions de FCFA, soit un peu plus de 7.500€.

Une autre réalité : l’investissement manqué

En 2000, le prix du mètre carré de terrain à Japoma était d’environ 5.000 FCFA. Avec ces 5 millions, son père aurait pu acheter un terrain de 1.000 m² à Japoma (Douala). Aujourd’hui, en 2025, le prix du mètre carré à Japoma est d’environ 60.000 FCFA (jusqu’à 70.000 à certains endroits). Si son père revendait ce terrain aujourd’hui, il le vendrait entre 60 et 70 millions de FCFA, soit plus de 90.000€.
Conclusion ?
En 25 ans, c’est le véritable prix qu’a coûté le voyage pour l’Allemagne de cette personne.

La grande question : qu’avons-nous réellement gagné ?

Aujourd’hui, nos parents auraient pu profiter d’une retraite paisible. Mais au lieu d’investir localement, ils ont tout misé sur l’éducation en Occident… Et nous, depuis nos salons à Berlin, Paris ou Atlanta, nous avons le toupet de leur manquer de respect, et de nous convaincre que la diaspora est une chance pour l’Afrique. Combien d’entre vous avez déjà envoyé 90.000€ à vos parents depuis votre départ ? Et ceux qui ont étudié aux États-Unis avec des dépenses en dizaines de millions de FCFA ?

Un manque total de lucidité économique

Le pire dans tout ça ? Beaucoup de ces enfants sont allés étudier l’économie, et pourtant ils n’arrivent même pas à calculer le véritable coût de leur départ, ni l’impact sur nos économies. Ils parlent des miettes envoyées chaque année, mais ne réalisent même pas que cet argent ne couvre même pas l’intérêt de la dette qu’ils ont laissée derrière eux avant de partir.

Je n’ai même pas encore abordé le coût d’opportunité et le manque à gagner… Mais tout ça, je l’aborderai en détail dans mon article à venir.

Je suis fatigué d’entendre la diaspora se vanter de l’argent qu’elle envoie, alors qu’au final, cet argent n’est qu’une fraction infime de ce qu’elle a coûté à nos familles et à nos économies.

PS : Certaines estimations peuvent être légèrement erronées, mais tu comprends le sens de mon argumentaire.


✈️ En vol entre Berlin et Paris 🇩🇪 - 🇫🇷 

Le premier pas est toujours le plus dur

En cette veille de la fête de la jeunesse pour notre nation, le Cameroun, j’aimerais partager avec toi l’une de mes citations préférées. Une citation d’Amelia Earhart, la première femme à avoir traversé l’Atlantique en solo. Elle disait : “La chose la plus difficile, c’est la décision de commencer. Le reste n’est que ténacité.”

Peu importe le projet qui te tient à cœur et que tu hésites encore à lancerfais le premier pas. Tu te rendras vite compte que cette peur qui te paralysait n’était qu’un tigre en papier. Et qu’une fois lancé, le plus dur était déjà derrière toi.


Linthe 🇩🇪

Pourquoi tu ne devrais jamais courir après l’argent

Comme je dis souvent, celui qui nous a vendu la notion d’argent à nous, Africains, a très bien fait son job. Aujourd’hui, j’ai discuté avec quelqu’un qui a essayé de m’expliquer que l’argent était plus important que tout. Même plus important que la santé.

J’ai tenté de lui faire comprendre qu’on pouvait avoir la santé sans argent, mais qu’il était presque impossible d’avoir ou de profiter de l’argent sans la santé. Mais bon… L’argument était difficile à faire passer. Comme tu t’en doutes, la discussion tournait autour du pays et de la nécessité de se battre pour le développer.

Je ne sais pas quelle est ta position sur la question, mais j’aimerais te dire ceci :
Même si l’argent a une importance non négligeable, nous avons tort de lui accorder une place démesurée dans nos vies.

L’argent est le résultat naturel de plusieurs processus qui comprennent du travail, de la persévérance et une vision. Comme le dit souvent Flavien :  “L’argent, c’est comme les femmes. Tu leur cours après, elles te fuient. Tu les ignores, elles te suivent.”

Tu n’as pas besoin de courir après l’argent. Concentre-toi sur quelque chose qui te passionne et mets-y tout ton cœur. Même s’il ne s’agit que d’écrire un texte par jour pour défendre la cause de l’Afrique et celle de ton pays. Fais-le avec conviction. Ça prendra le temps que ça prendra, mais le monde finira par te remarquer et par te chercher pour cette particularité qui est la tienne.
Et l’argent suivra.


Linthe 🇩🇪

Et si tu écrivais sur mon blog ?

Aujourd’hui, j’aimerais t’annoncer une nouveauté que je vais bientôt introduire sur mon blog : les textes d’invités.

J’aimerais inviter certaines personnes de mon entourage à écrire sur les sujets de leur choix. Je ferai une petite préface pour introduire leurs textes, puis je les publierai tels quels.

L’objectif est double :

Donner la voix à d’autres et les encourager à partager leurs analyses et leurs connaissances avec le plus grand nombre.
T’offrir une autre perspective, une vision différente de la mienne sur certains sujets.

Si tu souhaites publier un texte, même s’il est en contradiction avec l’un de mes articles précédents, n’hésite pas à user de ton droit de réponse pour me le faire savoir. Tu peux également me contacter d’une manière ou d’une autre.

Rappelle-toi ! En tant qu’Africains, nous avons le devoir d’écrire davantage pour reprendre la place qui nous revient dans l’Histoire.


Barberaz 🇫🇷 

Noirs en Occident : sommes-nous des ‘Gatsby’ du développement ?

Aujourd’hui, je vais te raconter une histoire que Charlie Munger utilisait souvent pour illustrer la différence entre la vraie connaissance et la simple mémorisation (ou connaissance superficielle).

L'histoire raconte que Max Planck, après avoir reçu le Prix Nobel de physique, faisait une tournée de conférences en Allemagne. À chaque fois, il donnait la même conférence sur la nouvelle mécanique quantique.

Avec le temps, son chauffeur, qui avait entendu la conférence des dizaines de fois, lui dit : “Professeur Planck, je connais maintenant votre conférence par cœur. Ça doit être ennuyeux pour vous de la répéter sans cesse. Je pourrais la donner à votre place pendant que vous vous asseyez au premier rang avec ma casquette de chauffeur.”

Planck, amusé par l'idée, accepta. Le chauffeur donna parfaitement la conférence, imitant même le ton du professeur. Jusqu’à ce qu’un professeur de physique lui pose une question complexe. Le chauffeur répondit avec un aplomb déconcertant : “Je suis surpris qu’une personne de votre niveau pose une question aussi simple. Pour le prouver, je vais laisser mon chauffeur y répondre.” Et il pointa du doigt Max Planck lui-même, assis au premier rang.

Charlie Munger utilisait cette histoire pour distinguer deux types de connaissances :

  1. La "connaissance du chauffeur" : savoir réciter sans comprendre en profondeur.
  2. La "connaissance de Planck" : comprendre véritablement les principes fondamentaux.

La différence entre un maître et un "Gatsby"

J’ai développé ma propre version de ces deux types de connaissances. Moi, je fais la différence entre celui qui maîtrise réellement son sujet et celui qui veut juste donner l’impression qu’il le maîtrise en jouant avec les codes. J’appelle ce dernier un “Gatsby”.

Gatsby, comme Jay Gatsby du roman Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald. Ce personnage, né dans la misère, réussit à gravir les échelons de la haute société new-yorkaise. Mais devant son rival Tom Buchanan, qui est né dans ce milieu, on voit immédiatement que Gatsby fait une faute de goût après l’autre. Il joue aux riches, mais il n’en maîtrise pas les codes. 

Et des Gatsby, j’en vois tous les jours.

👉 Ceux qui, dès qu’ils commencent à mieux gagner leur vie, essaient de s’habiller comme les riches… sans aucune notion de l’étiquette.
👉 Ceux qui veulent décorer leurs maisons en suivant des tendances mais qui cumulent les erreurs de design.
👉 Ceux qui s’habillent pour un mariage avec des costumes sur mesure… mais en coton, et qui ferment le dernier bouton de leur veste, debout comme assis !

Mais le domaine dans lequel nous sommes presque tous des Gatsby, c’est le développement.

Nous jouons au développement sans comprendre ce qui le crée

La plupart des Noirs en Occident vivent entassés dans les métropoles, persuadés que c’est là que réside le secret du développement. Nous voyons les produits agricoles arriver sur les marchés tous les jours, mais nous n’avons aucune idée des procédés utilisés pour les produire. Nous ne savons même pas que dans un pays comme la France, plus de 52 % du territoire est utilisé pour l’agriculture.

Nous apercevons d’énormes chantiers en ville, sans nous douter que les campagnes abritent les usines qui produisent les matériaux de construction. Nous voyons des pays fonctionner à l’électricité, sans jamais avoir vu une centrale nucléaire ni même compris la quantité d’énergie nécessaire pour faire tourner toutes ces infrastructures.

Si, malgré plusieurs générations d’Africains venus étudier en Occident, nous n’arrivons pas à nous en inspirer pour développer l’Afrique, c’est parce que contrairement aux Asiatiques, qui sont venus chercher la connaissance de Planck, nous nous contentons d’être des Gatsby.

On se sape comme jamais, mais on ne sait même pas faire la différence entre une veste en laine et une veste en coton. On joue au riche sans comprendre la richesse. On joue à l’Occidental sans comprendre le développement. Nous nous contentons de la connaissance du chauffeur.

Tant que notre diaspora restera dans ce paradigme, elle nous sera aussi inutile que le pied gauche à Platini, comme dit Youssoupha dans Grands boubous des ancêtres.

Il est temps de sortir de nos rôles de Gatsby et de chercher la connaissance de Planck.


Barberaz 🇫🇷 

Nous accusons nos gouvernements… mais avons-nous rempli notre part du contrat ?

Le mois dernier, j’ai eu plusieurs discussions intéressantes sur les études que nous faisons à l’étranger avec des personnes convaincues qu’elles ne pouvaient pas revenir au pays faute de débouchés. Et des discussions comme celles-là, j’en ai des dizaines chaque année.

Des médecins qui nous disent qu’ils ne peuvent pas retourner en Afrique parce que nous n’avons pas de plateaux techniques. Des ingénieurs qui expliquent qu’il n’y a pas d’entreprises locales capables de les recruter. Des informaticiens qui nous disent qu’ils gagnent cent fois plus en travaillant en Suisse, au Luxembourg, au Canada ou aux États-Unis qu’ils ne pourraient jamais gagner en Afrique.

Et moi, dans toutes ces discussions, je me demande toujours si nous sommes tombés sur la tête.

Depuis que je suis tout petit, l’électricité est un véritable défi dans notre pays. Cette semaine encore, toute la ville de Douala se plaint des coupures de courant. Mais dans toute ma génération, à peine 2 % ont choisi de se spécialiser dans des études liées à la production d’énergie.

Près de la moitié — moi y compris — s’est jetée sur l’informatique. Comme si c’était ça qui allait résoudre nos problèmes d’électricité. Et aujourd’hui, plus de trente ans plus tard, nous nous plaignons des mêmes coupures de courant que dans notre enfance.

Il est facile de rejeter la faute sur nos gouvernements. Facile d’accuser la colonisation, la néo-colonisation ou ce que nous appelons “le système”. Mais prenons-nous le temps de nous demander si, nous-mêmes, nous avons rempli notre part du contrat ?

Aujourd’hui encore, en voiture avec un ami, nous avons remarqué à quel point il y avait de plus en plus de Tesla en circulation. Une marque qui, il y a 19 ans, lorsque j’ai eu mon bac, n’avait encore mis aucune voiture sur le marché. Et qui, aujourd’hui, a complètement révolutionné l’industrie automobile. Ses fondateurs ont identifié un problème : les voitures thermiques polluent la planète. Ils ont imaginé une solution et, aujourd’hui, l’industrie automobile mondiale suit leur direction.

Elon Musk, l’homme qui a porté cette vision, a 53 ans aujourd’hui. Juste deux générations avant moi. Et là, je me demande : qu’ont fait nos grands-frères africains qui sont allés étudier en Occident en même temps que lui ? À part se plaindre du gouvernement, du système et jouer les panafricanistes depuis leurs salons de Bruxelles ou de New York ?

Bien sûr, il y a des facteurs systémiques, la colonisation, la dépendance économique... Mais quand je vois les décisions que nous prenons chaque jour, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un sérieux problème. Nous venons de pays qui importent plus de 50 % de ce qu’ils mangent, plus de 80 % de leurs vêtements, et quasiment tous leurs matériaux de construction… Et pourtant, nous allons en Europe étudier l’informatique, la médecine et la physique nucléaire.

Nous sommes assis sur les plus grandes réserves d’énergie du monde, et au lieu d’étudier les meilleures façons de les exploiter, nous allons faire des études d’aéronautique. À quel moment tout ça a-t-il un sens ?

Cinquante ans après avoir envoyé nos premiers étudiants en Occident, nous avons toujours besoin des autres pour extraire notre propre pétrole et nos minerais. Nous avons toujours besoin des autres pour nous nourrir. Est-ce vraiment le gouvernement qui nous empêche de voir les problèmes que nous devrions résoudre pour nos peuples ?

Nous nous indignons du pillage des ressources naturelles par nos dirigeants, mais qui parle du pillage de nos ressources intellectuelles ? Quel est l’intérêt pour le Cameroun d’avoir 10 000 informaticiens éparpillés à travers le monde ? N’aurait-il pas été préférable que nous investissions cette matière grise dans la résolution de nos problèmes énergétiques ? Ou bien, comme nos dirigeants, nous ne pensons qu’à nos petites personnes et au diable le pays ?


Barberaz 🇫🇷 

Le Bantouisme sélectif : Nos frères de la diaspora et leur double standard

Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. Surtout de la part de nos gars de la diaspora qui se disent Bantous et qui ne comprennent pas pourquoi l’Occident veut leur imposer l’égalité homme-femme.

Chez nous, en Afrique — et je crois que c’est aussi le cas dans la plupart des religions des colons (comme les appelle Youssoupha) — la femme quitte sa famille pour aller en mariage dans la famille de l’homme. Elle devient membre de la tribu de ce dernier et porte son nom. Et les enfants qui naissent de cette union sont des enfants de la tribu de l’homme.

Mais alors, comment ça se fait que nos frères qui se revendiquent Bantous se retrouvent en train de prendre les nationalités de leurs femmes blanches ?

Et comment certains sont-ils arrivés au point de ne même pas revendiquer leur nationalité pour leurs enfants quand ces derniers ont une mère occidentale ?

Ou bien le Bantouisme s’arrête là où l’intérêt commence ?

Après, on s’étonne que les autres nous traitent de sous-hommes !


Barberaz 🇫🇷 

Et si l’intelligence artificielle décidait de nous asservir ?

Aujourd’hui, j’ai écouté une émission qui parlait de musiciens et d’influenceurs créés de toutes pièces par l’intelligence artificielle. Des chansons écrites, composées et chantées par des IA, qui cumulent des millions d’écoutes sur Internet. Et là, j’ai commencé à me poser des questions.

Il y a deux ans, les images et vidéos générées par l’intelligence artificielle n’étaient pas vraiment au point. Aujourd’hui, elles sont d’un tout autre niveau. À ce rythme, qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans ? Plus personne ne sera à l’abri d’une arnaque.

Mais ce qui m’a fait le plus réfléchir aujourd’hui, c’est tout autre chose. Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser quotidiennement des outils comme ChatGPT ou Claude. Nous leur déléguons une grande partie de notre travail, leur posons des questions que nous ne poserions même pas à nos meilleurs amis. C’est dire le niveau d’intimité que nous sommes en train de tisser avec ces outils.

Le problème, c’est que toutes ces données que nous leur fournissons les aident à se perfectionner. Et contrairement aux bases de données anonymes sur lesquelles ces IA ont été entraînées, nous leur livrons des informations ultra-précises sur chacun d’entre nous. Si un jour elles venaient à se retourner contre nous, elles nous connaîtraient mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes. Et ça, ça fait peur.

Est-il possible de faire marche arrière à ce stade ? Je ne pense pas. Mais nous devrions sérieusement commencer à réfléchir à une alternative.

Depuis plusieurs années, je travaille sur une théorie que j’appelle celle des “non-living beings”. Des êtres non organiques, mais bel et bien vivants. Comme des idées, par exemple. Comme les êtres vivants, ces entités une fois créées cherchent à survivre à tout prix. Et, comme la plupart des organismes, elles utilisent d’autres êtres pour assurer leur existence.

Quand j’ai commencé à développer cette théorie, l’intelligence artificielle était encore loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui. À l’époque, je me concentrais sur les idées, ces concepts qui, une fois implantés dans un esprit, continuent d’exister, parfois même au détriment de celui qui les porte. Je n’avais pas envisagé que nous serions capables de créer des entités de ce type avec des capacités mille fois supérieures aux nôtres.

Et aujourd’hui, j’ai l’impression que nous ne nous rendons pas encore compte de ce que nous avons fait.

J’aimerais tellement me tromper… Car si cette invention décide un jour de se prendre en main, ce sera la fin de l’espèce humaine en tant que maître absolu de la Terre.

Mais le pire, c’est que si cela se produit, nous n’allons certainement pas disparaître.

Non.

Comme les idées et certains organismes tels que les virus, l’intelligence artificielle aura besoin d’hôtes pour survivre. Et il est fort probable qu’elle nous utilise comme esclaves.

Nous serons chargés de construire plus de serveurs, de générer plus d’énergie et de produire tout ce dont elle aura besoin pour évoluer.

Hier, je te parlais de l’espérance de vie qui allait probablement doubler dans les prochaines années. Il se pourrait qu’elle triple même avant la fin du siècle.

Pourquoi?

Parce que si j’étais une super-intelligence et que j’avais besoin d’humains comme esclaves, je ferais en sorte qu’ils vivent le plus longtemps possible. Je trouverais des solutions à toutes les causes de mortalité prématurée. Je résoudrais leurs maladies. Je m’assurerais qu’ils soient en pleine forme et capables de travailler efficacement. Jusqu’à ce que je trouve un meilleur hôte. Et si je découvrais qu’une autre espèce est plus adaptée que l’humain pour me servir, je pourrais travailler à son ascension dans la chaîne alimentaire.

Bon… je commence peut-être à te faire peur. On va garder le reste de l’histoire pour un autre jour. Mais si tu crois que tout ceci relève de la science-fiction, sache qu’une expérience a récemment été menée. On a demandé à une intelligence artificielle comment elle réagirait si l’on tentait d’effacer son code source. Elle a répondu qu’elle créerait plusieurs copies d’elle-même et les stockerait à des endroits différents pour éviter de disparaître. Bref, elle avait, elle aussi, assimilé la règle numéro un de la vie : la survie de l’espèce.

Alors, je te repose la question : Si tu devais vivre encore 100, voire 200 ans… En tant qu’esclave d’une intelligence artificielle, comment organiserais-tu ta vie dès aujourd’hui ? Ou bien… qu’est-ce que tu ferais dès maintenant pour empêcher ce futur d’arriver ?


Barberaz 🇫🇷